Un plaidoyer pour une gestion transparente des ressources publiques
Le Premier ministre Ousmane Sonko a une nouvelle fois mis en avant, lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, l’importance d’un encadrement renforcé des fonds politiques au Sénégal. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de garantir une utilisation rigoureuse et accountable des deniers de l’État, un engagement porté de longue date par son parti, le Pastef.
Des mécanismes de contrôle pour éviter les dérives
Face aux députés, Ousmane Sonko a clairement distingué sa position de celle du président Bassirou Diomaye Faye, tout en réaffirmant son attachement à une transparence financière sans faille. Plutôt que de supprimer ces fonds, il a souligné la nécessité de mettre en place des procédures de vérification strictes pour s’assurer que chaque franc dépensé le soit de manière légale et justifiée.
« Chaque franc issu des impôts des citoyens doit être justifié par un contrôle indépendant », a-t-il déclaré avec fermeté. Une déclaration qui reflète son refus catégorique de toute opacité dans la gestion des fonds publics.
Un débat sur l’équilibre entre sécurité et transparence
Le Premier ministre n’a pas manqué de reconnaître les divergences avec le chef de l’État sur ce sujet. Le président Bassirou Diomaye Faye avait en effet justifié le maintien de ces fonds en invoquant des dépenses sensibles, notamment liées à la sécurité intérieure, au renseignement et aux engagements internationaux du pays. Une argumentation que Ousmane Sonko juge insuffisante pour justifier l’absence de contrôle.
Pour appuyer sa position, il a évoqué les pratiques en vigueur dans plusieurs pays occidentaux, où des commissions parlementaires ou indépendantes supervisent l’utilisation de ces fonds spéciaux. Un modèle qu’il souhaite voir appliqué au Sénégal pour renforcer la confiance des citoyens envers leurs dirigeants.
Une initiative parlementaire qui divise
Ousmane Sonko a également évoqué les discussions en cours autour d’une proposition de loi portée par le député Guy Marius Sagna. Selon lui, une saisine directe du Parlement sur ce dossier pourrait fragiliser la crédibilité du gouvernement. Une position qui illustre les tensions au sein de l’exécutif sur la question de la transparence financière.
Pour clore son intervention, le Premier ministre a réitéré son engagement personnel en faveur d’une gestion irréprochable des fonds publics. Il a révélé détenir lui-même des fonds politiques à la Primature, estimés à près de 1,77 milliard de francs CFA, tout en insistant sur le fait que cette démarche ne vise aucun individu en particulier, mais bien l’intérêt général.
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