22 mai 2026

Voix Panafricaine

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Ousmane sonko défie l’occident sur la loi anti-homosexualité au Sénégal

Lors de sa cinquième intervention devant les députés à l’Assemblée nationale sénégalaise, le Premier ministre Ousmane Sonko a affiché une fermeté sans faille concernant la récente législation criminalisant les relations homosexuelles. Ce vendredi 22 mai, face aux interrogations des parlementaires, il a réaffirmé sans ambiguïté la position de son gouvernement : aucune modification ne sera apportée à ce texte, malgré les pressions internes et externes.

Une loi appliquée sans exception, selon les promesses de Sonko

Depuis son adoption, plus d’une centaine de personnes ont été interpellées en l’espace de trois mois, suscitant une vague de contestations, notamment parmi les intellectuels africains. Ces derniers avaient publié une tribune africaine le 18 mai pour appeler à un sursis. Pourtant, le chef du gouvernement a balayé ces revendications d’un revers de main, insistant sur la nécessité de mettre un terme à ce qu’il qualifie de « prolifération du phénomène de l’homosexualité ».

Il a exigé de la justice une application « totale, impersonnelle et parfaite » de la loi, rappelant que l’égalité de traitement s’appliquerait à tous, y compris aux personnalités proches de son entourage récemment arrêtées. Aucune indulgence ne sera accordée, a-t-il souligné, sous peine de favoriser « les gros poissons ».

Un rejet catégorique des critiques occidentales

Les condamnations venues de l’étranger, en particulier de la part de certains pays européens, n’ont fait que renforcer la détermination de Ousmane Sonko. Face aux accusations d’intolérance, il a vivement réagi, ciblant notamment la France dans ses propos. « Beaucoup de gesticulations dans des pays étrangers, particulièrement en France », a-t-il lancé, dénonçant ce qu’il qualifie de « tyrannie de l’Occident ».

Selon lui, cette dernière chercherait à imposer ses valeurs au reste du monde, en s’appuyant sur « la maîtrise des médias ». « S’ils ont opté pour ces pratiques, c’est leur problème, mais nous n’avons pas de leçon à recevoir d’eux, absolument pas », a-t-il martelé. Pour couronner le tout, il a laissé planer la menace d’un durcissement supplémentaire de la loi, déclarant sans détour : « Si la loi doit être renforcée, elle le sera. »