8 août 2026

Voix Panafricaine

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Tensions nigérian-AES : qui alimente vraiment l’insécurité au Sahel ?

Tensions accrues entre le Nigeria et l’AES : le terrorisme au cœur des désaccords

Carte des tensions entre le Nigeria et les pays de l'AES en 2026

L’Alliance des États du Sahel (AES) et le Nigeria s’affrontent une nouvelle fois sur le terrain de la lutte antiterroriste. Les déclarations récentes du président Bola Ahmed Tinubu ont en effet relancé les tensions, suscitant une vive réaction des autorités malienne, burkinabè et nigérienne.

Lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels nigérians fin juillet, le chef de l’État nigérian a pointé du doigt des éléments terroristes originaires des pays voisins, attribuant une partie de l’insécurité et des enlèvements dans le nord du Nigeria à cette infiltration. Une prise de position qui a immédiatement provoqué la réaction des trois États membres de l’AES.

Dans un communiqué publié le 7 août, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a réaffirmé que le terrorisme constitue une menace commune pour tous les pays de la région. « Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme le Nigeria, font face à un même adversaire. » Le texte souligne également le « profond regret » des autorités de l’AES face aux propos du président nigérian.

« Les véritables ennemis ne sont pas ceux qu’on croit »

Le même jour, les représentants des trois pays membres de l’AES se sont réunis à Ouagadougou pour convoquer le chargé d’affaires nigérian. Ils ont dénoncé des déclarations jugées « inexactes » et accusé Bola Ahmed Tinubu de minimiser les efforts fournis par les armées du Sahel dans la lutte contre les groupes armés. « Nous ne sommes pas à l’origine des défis sécuritaires que nous rencontrons. » Les véritables responsables se trouvent ailleurs, a martelé le chef de la diplomatie burkinabè.

Cette crise survient dans un contexte où la sécurité se dégrade rapidement dans le nord-ouest du Nigeria, particulièrement le long de sa frontière avec le Niger. Les relations entre Abuja et ses voisins sahéliens s’étaient déjà tendues en 2023, après le renversement du président nigérien Mohamed Bazoum.