30 juin 2026

Voix Panafricaine

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Tensions constitutionnelles au Sénégal : Ousmane Sonko interpelle le président Diomaye Faye

La scène politique sénégalaise est secouée par des frictions notables au plus haut niveau, suscitées par la révision de la Constitution. Suite à l’approbation de la proposition de loi par l’Assemblée nationale, le président de cette institution, Ousmane Sonko, a ouvertement reproché au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de vouloir altérer des principes qu’il avait lui-même ardemment défendus durant son parcours dans l’opposition.

Devant l’assemblée des députés, Ousmane Sonko a souligné que cette refonte constitutionnelle représente l’aboutissement de plus d’une décennie de délibérations politiques approfondies. Ces réflexions ont été nourries par les conclusions du dialogue national et les contributions de multiples commissions d’experts. Il a insisté sur le fait que de tels engagements ne sauraient être remis en question par la seule volonté d’un chef d’État.

« La Constitution n’est pas la propriété de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il affirmé avec force. Il a pointé du doigt la détermination du chef de l’État à revenir sur des articles clés, tels que l’exigence de déclaration de patrimoine en fin de mandat présidentiel et l’interdiction pour le président de la République d’exercer des fonctions de direction au sein d’un parti politique.

« Il est inacceptable de parcourir un texte législatif, article par article, pour ensuite décider : ‘non, je ne souhaite plus divulguer mon patrimoine à la fin de mon mandat’ ou ‘non, je désire diriger un parti politique’ », a martelé le président de l’Assemblée nationale.

Pour Ousmane Sonko, cette orientation représente une rupture claire avec les principes historiques défendus par le parti Pastef depuis 2014. Il a reproché au chef de l’État d’avoir entrepris de « manipuler » le projet de réforme, en sélectionnant uniquement les clauses qui serviraient ses propres intérêts.

« Il a commencé à évaluer ce qui lui était avantageux et ce qui ne l’était pas, en sa qualité de président de la République », a-t-il déclaré. Cependant, malgré ces vives critiques, Ousmane Sonko a exhorté Bassirou Diomaye Faye à promulguer la loi telle qu’elle a été votée par les parlementaires. À ses yeux, la majorité qualifiée obtenue lors du vote suffit à entériner la révision constitutionnelle, rendant un référendum superflu.

Achevant son allocution par une question empreinte de gravité, il s’est interrogé : « Qu’est-ce qui a transformé notre jeune frère et président ? ». Il a ensuite formulé le vœu que le chef de l’État retrouve les principes fondamentaux de son engagement politique et honore les promesses faites aux citoyens sénégalais.