15 août 2026

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Cameroun le procès sans fin des détenus politiques

© Damien Glez

Plusieurs années après les violences post-électorales qui ont secoué le Cameroun lors de l’élection présidentielle de 2025, les détenus accusés d’avoir participé aux troubles attendent toujours leur jugement. Le procès interminable de ces opposants politiques s’enlise dans les méandres de la justice camerounaise, suscitant de vives critiques sur l’état de l’État de droit dans le pays.

Des détentions prolongées sans verdict

Des centaines de Camerounais, arrêtés dans le sillage des manifestations post-électorales, croupissent en prison depuis des mois, voire des années. Les charges retenues contre eux – participation à des troubles, atteinte à la sûreté de l’État ou encore incitation à la violence – restent floues pour beaucoup de familles. Les avocats dénoncent des délais judiciaires anormalement longs, qui transforment ces détentions en prison préventive indéfinie.

Un climat de tension persistant

Les observateurs locaux et internationaux pointent du doigt l’impact de ces retards sur la stabilité politique du Cameroun. Les familles des détenus, souvent laissées dans l’ignorance, multiplient les démarches pour obtenir des nouvelles. Certaines n’ont toujours pas été informées des raisons exactes de l’arrestation de leurs proches. Les associations de défense des droits humains appellent à une accélération des procédures pour éviter une crise humanitaire dans les geôles camerounaises.

Les enjeux d’une justice en crise

Ce blocage judiciaire soulève des questions sur l’indépendance du système judiciaire camerounais. Les retards répétés alimentent les suspicions d’une justice instrumentalisée à des fins politiques. Plusieurs ONG ont alerté sur le risque de détérioration des libertés fondamentales si la situation persiste. Pour les familles des détenus, l’attente devient insoutenable, tandis que le gouvernement camerounais reste silencieux sur les solutions envisagées.

Des témoignages accablants

Parmi les détenus, certains racontent des conditions de détention dignes des pires geôles. Les visites des proches sont rares, les soins médicaux quasi inexistants. Un détenu anonyme, cité par une organisation de défense des droits, déclare : « On nous traite comme des criminels, alors que nous n’avons même pas été jugés. » Ces récits renforcent l’image d’une justice camerounaise à la dérive, où l’arbitraire semble primer sur la loi.

Face à cette impasse, les familles des détenus post-électoraux continuent de se battre pour obtenir justice. Leur combat illustre les défis d’un Cameroun divisé, où les promesses de réconciliation peinent à se concrétiser.