15 mai 2026

Tchad : le gouvernement conteste les allégations de l’ONU sur des frappes meurtrières

Le gouvernement tchadien réfute les accusations de l’ONU concernant des frappes aériennes

N’Djamena a catégoriquement rejeté les allégations de l’Organisation des Nations unies, selon lesquelles des frappes aériennes ciblant Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad auraient causé la mort de civils. Lors d’une conférence de presse organisée récemment, les autorités tchadiennes ont exigé des preuves tangibles tout en proposant d’accueillir une équipe d’investigation indépendante.

Des frappes attribuées aux armées tchadienne et nigériane

L’ONU a évoqué dimanche dernier la possibilité que des opérations militaires menées conjointement par le Nigeria et le Tchad aient entraîné la disparition d’une centaine de civils dans le nord-est du Nigeria ainsi qu’au Tchad. Ces frappes, selon l’institution internationale, auraient notamment touché des zones où Boko Haram est actif, ce qui a poussé l’organisation à exiger une enquête approfondie.

Une réponse ferme du ministre tchadien de la Communication

Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement tchadien, a qualifié ces accusations de « totalement infondées ». Il a souligné avec fermeté que l’Armée tchadienne, engagée en première ligne contre le terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad, ne peut être associée à de telles exactions. « C’est une armée disciplinée, dont l’efficacité n’est plus à démontrer », a-t-il affirmé.

Le ministre a également précisé qu’« aucun civil ni pêcheur » ne se trouvait dans les zones bombardées. « Aucune preuve crédible ne vient étayer ces accusations », a-t-il martelé, ajoutant que le Tchad est prêt à collaborer avec toute instance internationale pour mener des investigations transparentes sur le terrain.

Un engagement sécuritaire et socio-économique dans la région

Le porte-parole a rappelé que l’état d’urgence en vigueur dans la zone stratégique du Lac Tchad vise avant tout à protéger les populations locales. Les forces armées et les services de sécurité y sont déployés en permanence pour contrer toute menace terroriste.

Il a en outre mis en avant les deux axes majeurs de la stratégie tchadienne : un volet sécuritaire incontournable et un volet socio-économique ambitieux. Selon lui, l’État a investi massivement dans cette région pour contrer les facteurs de radicalisation, notamment la pauvreté et le manque d’infrastructures.

« Le Tchad assume le lourd tribut de cette lutte », a-t-il déclaré, rappelant que le pays, situé au cœur de la zone, collabore étroitement avec le Nigeria pour éradiquer Boko Haram. Il a insisté sur le fait que les violences récentes, notamment les attaques des 4 et 6 mai, sont l’œuvre du groupe jihadiste, et non des forces tchadiennes.

Boko Haram, une menace persistante

Les récents assauts du groupe terroriste contre des positions militaires tchadiennes ont causé de nombreux morts et blessés. Pour N’Djamena, il est clair que Boko Haram reste l’instigateur principal des violences dans la région, et non les forces de sécurité tchadiennes.