13 juillet 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

Sénégal : Ousmane Sonko dénonce un président « facile à manipuler »

Un discours acerbe lors de l’inauguration du siège du Pastef à Touba

À l’occasion de l’inauguration du nouveau siège du parti Pastef, principale force parlementaire au Sénégal, à Touba, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a marqué les esprits par des déclarations cinglantes. Le leader politique, qui a pourtant soutenu la candidature du président Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024, a vivement critiqué son leadership.

S’exprimant devant les militants et sympathisants réunis pour l’événement, Ousmane Sonko a qualifié le chef de l’État de « président marionnette, facilement manipulable », une formule choc qui résume son analyse de la situation politique actuelle.

Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal, lors de son discours à Touba

Des accusations précises sur le comportement du président

Selon ses propos, le président Diomaye Faye serait « frileux » et « se laisse influencer par des acteurs politiques opportunistes ». Ousmane Sonko a évoqué une « catastrophe » pour le pays, soulignant que le chef de l’État serait sous l’emprise de figures de l’opposition, qui lui feraient croire à tort qu’il contrôle les forces de défense et de sécurité, voire qu’il pourrait briguer un second mandat.

Il a également révélé que, avec le recul, il réalise que Diomaye Faye préparait secrètement la création de son propre parti au sein du Pastef, alors qu’il occupait le poste de secrétaire général et coordinateur des cadres. Une stratégie qui, selon Sonko, visait à s’assurer une base solide avant même son accession à la présidence.

Une rupture politique évidente

Le président de l’Assemblée nationale a rappelé que Diomaye Faye avait tenté de récupérer une partie de l’appareil politique du Pastef après sa victoire électorale, mais que cette manœuvre a échoué. « Personne ne l’a suivi », a-t-il affirmé, soulignant l’isolement croissant du chef de l’État au sein même de son camp.

Ces déclarations, prononcées dans un contexte de tensions politiques au Sénégal, illustrent les divisions internes au sein de la majorité présidentielle et interrogent sur l’avenir du pays sous la direction du président Diomaye Faye.