3 juin 2026

Voix Panafricaine

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Sénégal : les chrétiens face à leur faible représentation politique

Au Sénégal, les chrétiens, bien que minoritaires, peinent à s’imposer dans l’arène politique. C’est le constat dressé par le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20), lors d’un forum organisé à Mbour, au sud de Dakar, en juin. L’événement, placé sous le thème « Engagement politique chrétien et le leadership », visait à mobiliser les fidèles avant les législatives du 30 juillet 2017.

Sous la présidence du ministre des Forces armées, Augustin Tine, le MAC 20 a interpellé les catholiques sur leur rôle politique. Selon son président, Emile Daly Diouf, leur engagement reste trop faible et timide, malgré leur nombre. « Même minoritaires, nous devons être plus présents », a-t-il lancé. Il a souligné l’absence de leadership chrétien dans les instances décisionnelles, appelant à une implication massive des fidèles pour peser dans les choix politiques.

Un leadership politique chrétien en quête de visibilité

Diouf a clarifié la position du mouvement : il ne s’agit pas de proposer des candidats, mais de soutenir ceux qui émergent. « Notre rôle est d’accompagner les autorités religieuses et de renforcer le leadership des chrétiens », a-t-il expliqué. Le MAC 20 ne ferme pas la porte à un soutien aux candidats à l’élection présidentielle de 2019, à condition qu’ils incarnent les valeurs défendues par la communauté.

Trois députés chrétiens sur 150 : un constat accablant

La parlementaire chrétienne Hélène Tine a confirmé cette sous-représentation. Elle-même, seule chrétienne parmi les 64 femmes députées, a partagé son expérience : « Nous sommes des citoyens comme les autres et devons participer à la gestion du pays. L’Église nous y encourage. »

Elle a révélé que sur les 150 sièges de l’Assemblée nationale, seulement trois sont occupés par des chrétiens, dont une femme. « Leur place dans les listes électorales reste souvent marginale, ce qui limite leurs chances d’être élus », a-t-elle déploré. Pour elle, cette situation reflète un déséquilibre dans la diversité politique, pourtant chère au Sénégal.

Hélène Tine a appelé à une meilleure collaboration entre les partis et la communauté chrétienne pour promouvoir une représentation équitable. « La diversité est un atout pour notre démocratie. Il faut la cultiver », a-t-elle conclu.