21 juillet 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

Refus d’asile pour un lanceur d’alerte ayant dénoncé Wagner en Centrafrique

Un lanceur d’alerte centrafricain privé de protection en France

  • Un journaliste centrafricain menacé, dont la demande d'asile en France a été refusée, vit caché avec sa famille en attendant un recours.

en bref Ephrem Yalike-Ngonzo, journaliste centrafricain ayant révélé les agissements du groupe Wagner, se retrouve sans protection en France. Malgré un laissez-passer octroyé par Emmanuel Macron, sa demande d’asile a été rejetée.

Ephrem Yalike-Ngonzo, figure majeure dans la lutte contre la désinformation russe en Centrafrique, voit sa demande d’asile en France rejetée ce vendredi 10 juillet. Ce revers survient malgré un laissez-passer exceptionnel obtenu en 2024, lui permettant de séjourner sur le territoire français. Son avocat qualifie cette décision de « signal extrêmement négatif », particulièrement pour ceux qui osent braver la propagande de Moscou.

En 2024, ce journaliste avait déjà été contraint à l’exil après avoir exposé les mécanismes de manipulation de l’information orchestrés par le groupe Wagner en collaboration avec des autorités locales. Ses révélations avaient notamment contribué à l’adoption de sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, cadre clé de cette opération.

Un parcours marqué par l’engagement et les menaces

Dès 2019, Ephrem Yalike-Ngonzo avait été approché pour diffuser des contenus favorables à l’armée centrafricaine et à ses alliés russes. Rémunéré entre 15 et 30 euros par article, soit une fraction de son salaire habituel, il avait accepté sous la pression. Pourtant, c’est en révélant l’ampleur de ces manipulations qu’il a basculé dans une spirale de dangers.

Menacé de mort par Wagner, il a dû fuir précipitamment son pays. Son témoignage, publié dans le cadre d’une enquête internationale, a révélé l’étendue des opérations russes en Afrique centrale. Aujourd’hui, ses proches restés en Centrafrique subissent des pressions régulières pour trahir sa cachette.

Une issue incertaine pour le recours en cours

Un recours a été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile ce jeudi 9 juillet. Les délais de traitement imposent une attente de près d’un an avant une décision. En attendant, Ephrem Yalike-Ngonzo et sa famille vivent dans la clandestinité en France, sans garantie de protection à long terme.

Cette situation soulève des questions sur la crédibilité des engagements internationaux de la France en matière de soutien aux lanceurs d’alerte, alors que les menaces pesant sur les défenseurs de la vérité en Afrique francophone persistent.