21 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Lanceur d’alerte centrafricain : l’asile refusé en France malgré ses révélations sur Wagner

Un journaliste centrafricain privé de protection en France après ses révélations explosives

  • Un journaliste centrafricain en exil en France, dont la demande d'asile a été refusée malgré les menaces qui pèsent sur lui

Le journaliste Ephrem Yalike-Ngonzo, dont les révélations ont mis en lumière les agissements du groupe Wagner en Centrafrique, se retrouve aujourd’hui sans protection en France. Malgré un laissez-passer accordé par les autorités françaises, sa demande d’asile a été rejetée.

Ephrem Yalike-Ngonzo est devenu l’un des lanceurs d’alerte les plus exposés d’Afrique centrale. Ses investigations ont dévoilé les mécanismes de propagande et d’influence déployés par le groupe paramilitaire russe Wagner en République centrafricaine. Ces révélations ont non seulement éclairé l’opinion internationale sur les stratégies russes en Afrique, mais elles ont également conduit à des sanctions contre Mikhaïl Prudnikov, figure centrale de cette opération de désinformation.

Pourtant, malgré l’importance de ses contributions à la transparence et à la lutte contre la désinformation, sa demande d’asile en France vient d’être rejetée. Une décision qui, selon son avocat, envoie un « signal extrêmement préoccupant » à tous ceux qui osent défier les régimes autoritaires et leurs relais. Le journaliste craint désormais pour sa sécurité et celle de sa famille, toujours menacée en Centrafrique.

Des révélations qui ont ébranlé le système Wagner

Tout a basculé en 2019, lorsque Yalike-Ngonzo, alors journaliste en Centrafrique, a été approché par des intermédiaires liés à Wagner. Ces derniers lui proposaient des sommes modiques, entre 15 et 30 euros, pour chaque article favorable aux forces russes et à l’armée centrafricaine. Une pratique courante dans la stratégie de manipulation de l’information orchestrée par Moscou.

Après avoir accepté ces propositions sous la pression, le journaliste a finalement décidé de rompre le silence. En 2024, il a collaboré avec une enquête de Forbidden Stories, révélant l’ampleur des opérations d’influence russe en Afrique. Ses témoignages ont permis d’exposer les rouages d’un système visant à déstabiliser la région et à servir les intérêts géopolitiques de la Russie.

Ces révélations ont eu un écho international. L’Union européenne a réagi en sanctionnant Mikhaïl Prudnikov, identifié comme l’un des principaux architectes de cette campagne de propagande. Une victoire pour la transparence, mais qui n’a pas suffi à protéger Yalike-Ngonzo.

Une protection fragile et un avenir incertain

En 2024, grâce à l’intervention d’Emmanuel Macron, Ephrem Yalike-Ngonzo avait obtenu un laissez-passer pour se réfugier en France. Un accueil temporaire qui devait lui permettre de déposer une demande d’asile. Pourtant, cette démarche a été rejetée, le laissant dans une situation précaire.

Depuis, le journaliste vit caché avec ses proches, tandis que sa famille en Centrafrique est régulièrement interrogée et soumise à des pressions. Un recours a été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile, mais la procédure pourrait s’étendre sur plus d’un an. Dans l’intervalle, Yalike-Ngonzo reste en France, dans l’incertitude la plus totale.

Pour son avocat, cette décision est « incompréhensible » : « Comment peut-on refuser l’asile à quelqu’un qui a risqué sa vie pour dénoncer des crimes et des manipulations ? »*