Un tournant diplomatique entre Alger et Bamako après plus d’un an de tensions

En moins de cinq mois, le Mali est passé d’un déni catégorique à une reconnaissance officielle : le retour de son ambassadeur en Algérie est désormais acté. Ce revirement spectaculaire, annoncé le 10 juillet, s’explique par une série de bouleversements stratégiques dans le nord du pays, où la junte malienne voit ses positions s’effriter rapidement. Parallèlement, Alger a maintenu une approche pragmatique, renforçant ses liens avec Niamey et Ouagadougou pour consolider son influence régionale.
En février dernier, Bamako avait vivement rejeté les rumeurs évoquant le retour de son représentant à Alger. Le ministère des Affaires étrangères malien avait qualifié ces informations de « totalement infondées », accusant des acteurs malveillants de tenter de déstabiliser la relation entre les deux pays. Cette position reflétait alors une volonté de ne pas apparaître comme aligné sur le Niger, qui avait déjà rétabli ses échanges diplomatiques avec l’Algérie quelques semaines plus tôt.
Le 10 juillet marque un tournant. Le gouvernement malien de transition a officiellement annoncé le retour de son ambassadeur en Algérie et la réouverture de son espace aérien aux aéronefs algériens, civils comme militaires. Cette décision fait écho à une mesure similaire prise par Alger quelques jours plus tôt. Dans la soirée, les deux pays officialisaient leur réconciliation, mettant fin à plus d’un an de relations diplomatiques gelées.
Le nord du Mali, catalyseur d’une nouvelle dynamique
Pour saisir l’ampleur de ce changement, il faut se tourner vers les régions de Kidal et Anéfis, où la situation s’est dramatiquement dégradée. Depuis l’offensive conjointe lancée le 25 avril 2026, les groupes armés du nord du Mali, comme le Front de libération de l’Azawad et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, ont mis de côté leurs divergences pour s’unir contre un ennemi commun : la junte de Bamako et ses alliés, notamment les forces russes de l’Africa Corps. Cette contre-offensive a coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et a replacé Kidal au cœur d’une crise aux conséquences imprévisibles.
Plus d'histoires
Le partenariat russe du Burkina Faso : entre promesses et réalités tangibles
Réconciliation Algérie-Mali : un virage diplomatique sous la pression du front nord
Rapprochement algéro-malien : un tournant pour la stabilité régionale