RDC et Rwanda unis pour accélérer le retour des réfugiés rwandais d’ici 2026
Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont marqué une étape décisive dans leur collaboration visant à faciliter le retour volontaire des réfugiés. Une réunion ministérielle tripartite, tenue le 22 juin 2026 à Addis-Abeba en Éthiopie, a permis de dresser un bilan encourageant des opérations de rapatriement engagées depuis 2025 et de fixer des objectifs ambitieux pour les mois à venir.
Plus de 8 000 réfugiés déjà rapatriés depuis 2025
Les trois partenaires ont salué les 8 394 rapatriements volontaires de réfugiés rwandais enregistrés depuis le début de l’année 2025. Parmi eux, 2 347 personnes ont regagné leur pays en 2026 seulement. Ces chiffres, issus d’un communiqué conjoint, attestent d’une dynamique positive et d’une volonté commune de poursuivre sur cette voie.
« Les Parties ont reconnu les progrès accomplis dans le cadre du rapatriement volontaire de la RDC vers le Rwanda, notant que 8 394 personnes ont été rapatriées en toute sécurité et dans la dignité depuis janvier 2025, dont 2 347 en 2026. »
Un objectif de 10 000 rapatriements volontaires pour 2026
Fortes de ces résultats, les trois parties ont décidé de relever leurs ambitions. Elles se sont fixées un objectif clair : atteindre 10 000 rapatriements volontaires de réfugiés rwandais en 2026. Cette décision s’inscrit dans la continuité des accords tripartites signés en 2010 et des principes internationaux humanitaires.
« Les Parties ont encouragé la poursuite de cette dynamique positive, observant qu’un objectif de 10 000 rapatriements volontaires est prévu pour 2026. »
Vers un retour organisé des réfugiés congolais depuis le Rwanda
Les discussions ont également porté sur le retour des réfugiés congolais installés au Rwanda. Bien que ce volet n’ait pas encore été mis en œuvre, des mesures préparatoires ont été arrêtées pour y remédier. À partir d’octobre 2026, la RDC identifiera des zones de retour prioritaires, en collaboration avec le Rwanda, sur la base des enquêtes d’intentions et des informations locales.
Renforcement de la coordination et nouvelles mesures
Pour garantir l’efficacité et la sécurité des opérations, les trois parties ont convenu d’institutionnaliser des rencontres régulières. Ainsi, des réunions transfrontalières trimestrielles, en présentiel ou en visioconférence, seront organisées dès septembre 2026. La première réunion est prévue pour septembre 2026.
Le point de passage frontalier de Kamanyola (Sud-Kivu, RDC) – Bugarama (Rwanda) sera privilégié pour faciliter le retour volontaire, sûr et digne de plus de 3 600 réfugiés rwandais actuellement dispersés dans le sud du Sud-Kivu. La RDC s’est engagée à aménager des voies de transit pour faciliter l’accès à ce point de passage depuis différentes localités de la province.
« Les Parties sont convenues d’utiliser le point de passage frontalier de Kamanyola (Sud-Kivu, RDC) – Bugarama (Rwanda) afin de faciliter le retour volontaire, sûr et digne de plus de 3 600 réfugiés rwandais actuellement dispersés sur une vaste zone géographique du sud de la province du Sud-Kivu. »
Le Rwanda, de son côté, a réaffirmé son engagement à poursuivre le rapatriement volontaire des réfugiés rwandais en RDC, en tenant compte des directives sanitaires régionales, notamment celles relatives à la maladie à virus Ebola.
Confiance renouvelée dans le rôle du HCR
Les trois parties ont réaffirmé leur confiance dans le rôle central joué par le HCR pour trouver des solutions durables aux déplacements forcés. Une nouvelle réunion ministérielle tripartite est prévue en juin 2027 pour faire un bilan des avancées et définir les prochaines étapes.
« Les Parties ont reconnu le rôle du HCR en tant qu’acteur neutre, impartial et humanitaire, mandaté par la communauté internationale pour assurer la protection internationale et rechercher des solutions durables pour les réfugiés. »
Un processus ancré dans les accords internationaux
Cette réunion s’inscrit dans le respect des accords tripartites sur le rapatriement volontaire des réfugiés congolais vivant au Rwanda et des réfugiés rwandais vivant en RDC, signés le 17 février 2010. Elle s’appuie également sur les principes de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, son Protocole de 1967 et la Convention de l’OUA de 1969.
La question des réfugiés reste un enjeu majeur entre la RDC et le Rwanda, mais aussi dans le cadre des négociations de paix engagées sous l’égide des États-Unis (Accord de Washington) et du Qatar (processus de Doha). Ces initiatives diplomatiques, bien que porteuses d’espoir, peinent à se concrétiser sur le terrain, près d’un an après leur lancement.
Des réfugiés rwandais rapatriés dans leur pays à partir de Goma.
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