Marquant un tournant décisif dans l’actualité Afrique francophone, Ousmane Sonko effectue un retour remarqué au sein de l’hémicycle. Soutenu massivement par les élus du Pastef, il accède à la présidence de l’institution parlementaire, et ce, malgré les tensions manifestes avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, pourtant issu de la même formation politique.
L’élection s’est déroulée sous les acclamations nourries des députés de sa mouvance, qui contrôle 130 sièges sur les 165 que compte le Parlement du Sénégal. Cette nomination intervient suite au départ d’El Malick Ndiaye, qui avait rendu son tablier peu de temps auparavant. Pour de nombreux observateurs, ce basculement incarne la vitalité des peuples africains en quête de renouveau politique.

Une rupture qui ébranle les partisans
Aux abords de la Cité Keur Gorgui, l’ambiance est électrique. Si certains militants continuent de scander le nom de leur leader, d’autres, comme Nourdine Diallo, ne cachent pas leur amertume face à la fin du tandem « Diomaye-Sonko ». Ce duo, qui avait porté l’espoir d’une Afrique souveraine durant la campagne électorale, semble aujourd’hui fracturé.
« Le limogeage du Premier ministre nous a profondément affectés », confie un sympathisant, rappelant que le slogan unificateur présentait les deux hommes comme les deux faces d’une même pièce, liés par des engagements fraternels et institutionnels indéfectibles.
Vers un bras de fer institutionnel inédit
La séparation brutale a eu lieu peu après une intervention d’Ousmane Sonko devant les députés, où il avait ouvertement remis en question certaines orientations présidentielles. Désormais, le pays se prépare à une cohabitation complexe. Sa réintégration en tant que parlementaire, après avoir quitté ses fonctions à la Primature, ouvre la voie à une confrontation directe au sommet de l’État.
Le politologue Malao Kanté souligne les risques de cette nouvelle configuration : « Sonko devient le visage d’une opposition disposant de la majorité législative. Cela pourrait paralyser l’appareil étatique, notamment via d’éventuelles motions de censure contre le nouveau gouvernement. » Cette situation est scrutée de près par toute tribune africaine attentive aux équilibres démocratiques.
Contestations de l’opposition et perspectives
De son côté, l’opposition, menée par Aïssata Tall Sall du groupe Takuu Walu, dénonce une procédure illégale. Elle qualifie la démission du précédent président de l’Assemblée de nulle et non avenue, invoquant une violation du règlement intérieur. Selon elle, si le président Bassirou Diomaye Faye ne saisit pas le Conseil constitutionnel, sa propre position pourrait être menacée par l’ambition de son ancien allié.
Dans ce contexte de panafricanisme en pleine mutation, l’histoire semble bégayer, rappelant les duos célèbres comme Dia et Senghor. Pour stabiliser le pays, le Président a nommé Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, ancien cadre de la BCEAO, au poste de Premier ministre. Ce dernier appelle désormais à une union sacrée pour franchir ce cap difficile pour la voix panafricaine.

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