1 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Mercenaires russes à obo : un missile américain tiré vers la rdc

mercenaires russes à obo : un missile américain tiré vers la rdc

Deux mercenaires du groupe Wagner en Centrafrique

Dans la nuit du 26 février, des mercenaires russes du groupe Wagner ont tiré un projectile depuis la ville d’Obo, située dans la préfecture du Haut-Mbomou, en direction de la République démocratique du Congo. Cet engin, identifié comme un missile sol-sol, provenait d’une ancienne base militaire américaine abandonnée après le retrait des Forces spéciales des États-Unis en 2017.

Cette découverte d’armes américaines dans une zone reculée du Haut-Mbomou soulève des questions sur la gestion des équipements militaires après le départ des troupes étrangères. Retour sur les circonstances de cet incident et ses implications.

une ancienne base américaine au cœur du haut-mbomou

Entre octobre 2011 et avril 2017, des conseillers militaires américains, principalement des Green Berets, étaient déployés à Obo et dans d’autres localités d’Afrique centrale dans le cadre de l’Opération Observant Compass. Leur mission : traquer Joseph Kony et la Résistance de l’Armée du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais responsable d’exactions massives contre les populations civiles.

La base d’Obo, équipée de caméras de surveillance et de barbelés, abritait des véhicules, du matériel logistique et, selon plusieurs sources locales, des armes lourdes dont au moins un missile sol-sol. Après le retrait des forces américaines, la base a été occupée par les Forces armées centrafricaines (FACA), avant d’être investie par les mercenaires russes de Wagner.

Wagner récupère des armes américaines et tire vers la rdc

Les mercenaires russes, appelés en renfort par les autorités locales, ont pris le contrôle de l’ancienne base américaine. Après avoir évincé les FACA, ils ont entrepris de fouiller les conteneurs abandonnés, récupérant armes, panneaux solaires et équipements divers. Les autorités locales avaient même annoncé publiquement que des tirs d’essai seraient effectués pour évaluer l’état des armes récupérées.

Dans la nuit du 26 février, les mercenaires se sont rendus sur le terrain de football d’Obo, en plein centre-ville, pour y installer un lanceur de gros calibre. Le projectile tiré a survolé plusieurs localités centrafricaines, dont Mboki et Zemio, avant de traverser la frontière et de s’abattre à cinq kilomètres du village congolais de Zapay, sans faire de victimes.

Ce choix de trajectoire n’était pas anodin : en visant la RDC plutôt que le nord-est de la Centrafrique, les mercenaires évitaient de mettre en danger des zones habitées comme Bambouti. La forêt congolaise a servi de zone de chute délibérée, limitant les risques pour les populations locales.

un message de terreur pour les réfugiés congolais en rdc

Le village de Zapay abrite des réfugiés centrafricains ayant fui les exactions commises par le groupe Wagner en République centrafricaine. L’impact du missile a plongé la population dans la peur, certains y voyant un message clair : aucune frontière ne protège des actions de Wagner.

Les témoignages recueillis confirment que les mercenaires russes sont les seuls à disposer des compétences nécessaires pour manipuler ce type d’armement lourd. Les habitants de Zapay ont passé la nuit à scruter le ciel, craignant une nouvelle salve.

un incident qui interroge sur la sécurité en Centrafrique

Cet incident met en lumière les risques liés à la présence de mercenaires étrangers et à la gestion des équipements militaires abandonnés. Les mercenaires russes, déjà accusés de violences en Centrafrique, démontrent ici leur capacité à utiliser des armes de guerre sophistiquées, posant des questions sur la stabilité future de la région.

Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement, mais cet événement rappelle l’urgence d’une régulation stricte des forces étrangères et de la sécurisation des stocks d’armes en Afrique centrale.