21 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Mali : le Jnim intensifie son blocus et menace le barrage de manantali

Au Mali, le groupe jihadiste du Jnim, affilié à al-Qaïda, durcit son offensive en étendant son blocus économique autour de Bamako. Ces derniers jours, une série d’attaques a ciblé l’axe Ségou-Bamako, artère vitale pour l’approvisionnement de la capitale en provenance de l’est. Plusieurs autocars ont été réduits en cendres, tandis qu’à des centaines de kilomètres, des infrastructures liées au barrage de Manantali, dans la région de Kayes, ont été endommagées. Malgré les efforts de l’armée malienne, la pression sur les ressources du pays s’accentue, plongeant le Mali dans une crise logistique sans précédent.

Manantali, symbole d’une stratégie de guerre économique

L’attaque contre le barrage hydroélectrique de Manantali n’est pas un hasard. Géré conjointement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’OMVS, cet ouvrage représente un pilier essentiel du réseau électrique malien. En endommageant ses infrastructures, le Jnim ne se contente pas de fragiliser les forces armées : il frappe au cœur de l’économie urbaine, où les.blackouts paralysent services publics, commerces et industries. Cette tactique s’inscrit dans une logique d’usure, visant à éroder la confiance dans les autorités de transition menées par le colonel Assimi Goïta.

Depuis plusieurs semaines, les jihadistes multiplient les attaques contre les convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Leur objectif ? Transformer les pénuries en outil de déstabilisation politique. Bamako, autrefois relativement préservée, devient désormais l’épicentre d’une bataille d’attrition où chaque ressource compte.

L’armée malienne en première ligne face à l’étau jihadiste

Face à cette escalade, les Forces armées maliennes (FAMa) intensifient leurs opérations sur plusieurs fronts. Grâce à des escortes militaires, quelques centaines de camions-citernes ont pu rejoindre Bamako ces derniers jours, atténuant temporairement la pression sur les stations-service. Pourtant, cette trêve logistique reste fragile : chaque convoi exige des moyens colossaux, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée à court terme.

Les militaires doivent gérer une situation complexe, prise en étau entre des attaques répétées à l’ouest et au centre, et une menace persistante au nord, notamment dans la région de Kidal. Là-bas, les tensions avec le Cadre stratégique permanent laissent craindre de nouveaux affrontements. Le pouvoir de Bamako se retrouve ainsi tiraillé entre deux fronts, avec des ressources de plus en plus limitées.

Un conflit qui dépasse les frontières du Mali

L’impact du blocus malien dépasse largement les frontières nationales. Les économies voisines, comme celles du Sénégal, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, subissent de plein fouet le ralentissement des corridors commerciaux ouest-africains. Les ports de Dakar et d’Abidjan, essentiels pour le trafic vers l’hinterland sahélien, voient leur activité décliner. La Confédération des États du Sahel, composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, peine pour l’instant à coordonner une réponse commune face à cette guerre économique menée par les groupes armés.

L’attaque contre Manantali soulève également des enjeux régionaux majeurs. Toute aggravation des dommages pourrait affecter l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, transformant une crise locale en problème continental. Les partenaires internationaux, qu’il s’agisse d’investisseurs ou de fournisseurs militaires, devront bientôt trancher : soutenir la souveraineté malienne ou protéger les infrastructures critiques transfrontalières.

Sur le terrain, le décalage entre les annonces de victoire de l’armée et la réalité d’un pays sous tension illustre l’ampleur de la menace. Le Jnim ne se contente plus de contrôler des zones : il cherche à asphyxier un État. Les prochains jours pourraient voir de nouveaux combats éclater, notamment autour de Kidal, où la situation reste explosive.