21 juillet 2026

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Mali : le Jnim accentue son étau sur Bamako et cible Manantali

Mali : le Jnim accentue son étau sur Bamako et cible Manantali

Les tensions au Mali s’intensifient avec l’extension du blocus imposé par le Jnim, groupe jihadiste affilié à al-Qaïda. Ce week-end, des attaques ciblées ont paralysé deux axes stratégiques : plusieurs autocars ont été réduits en cendres sur la route reliant Ségou à Bamako, principal corridor logistique alimentant la capitale en biens essentiels depuis l’est du pays. Parallèlement, des infrastructures électriques associées au barrage hydroélectrique de Manantali, situé dans la région de Kayes, ont subi des dégâts importants. Malgré les opérations militaires en cours, l’armée malienne peine à briser l’étau économique qui asphyxie le pays.

Manantali, épicentre d’une guerre économique dévastatrice

L’attaque contre les installations de Manantali n’est pas un simple incident isolé. Ce barrage, géré conjointement avec la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), représente un pilier majeur du réseau électrique malien. En détruisant ses lignes de transmission, le Jnim ne cible plus uniquement les forces armées : il frappe au cœur de l’économie urbaine, où les coupures d’électricité paralysent immédiatement les services publics, les commerces et les industries.

Cette tactic s’inscrit dans une stratégie plus large, amorcée depuis plusieurs semaines. Les jihadistes multiplient les attaques contre les convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, transformant la pénurie en arme politique. Leur objectif ? Fragiliser le soutien populaire aux autorités de transition dirigées par le général Assimi Goïta. Bamako, autrefois relativement épargnée, devient désormais le théâtre d’une bataille d’usure sans précédent.

L’armée malienne en première ligne face à une menace multiforme

Face à cette offensive tous azimuts, l’état-major malien maintient des opérations terrestres et aériennes sur plusieurs fronts. Ces dernières semaines, des escortes militaires ont permis l’arrivée de centaines de camions-citernes à Bamako, atténuant temporairement la crise des stations-service. Cependant, cette solution reste fragile : chaque convoi exige des ressources colossales, et la sécurisation à long terme des axes routiers semble hors de portée.

Les Forces armées maliennes (FAMa) doivent également faire face à une pression constante sur deux fronts distincts. À l’ouest et au centre, le Jnim multiplie les embuscades et les sabotages d’infrastructures. Dans le nord, autour de Kidal, la situation reste tendue, avec des tensions persistantes vis-à-vis des groupes rebelles du Cadre stratégique permanent. Le pouvoir malien doit donc jongler avec des défis stratégiques et logistiques croissants, dans un contexte où ses moyens s’amenuisent.

Un impact qui dépasse les frontières du Mali

Le blocus malien dépasse désormais le cadre national, affectant directement les économies voisines. Le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire subissent les conséquences du ralentissement des corridors commerciaux ouest-africains. Les ports de Dakar et d’Abidjan, qui acheminent une part importante de leurs marchandises vers l’hinterland sahélien, voient leur trafic diminuer. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine à coordonner une riposte efficace face à cette guerre économique menée par les groupes armés.

L’attaque contre Manantali soulève également des enjeux régionaux majeurs. Toute aggravation des dommages pourrait compromettre l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, faisant de cette crise un problème transfrontalier. Les partenaires internationaux, qu’ils soient bailleurs de fonds ou fournisseurs militaires, se retrouvent face à une équation complexe : comment concilier le soutien à la souveraineté malienne avec la protection des infrastructures critiques partagées ?

Sur le terrain, le décalage entre les annonces de l’armée et la réalité d’une capitale sous tension illustre l’ampleur de cette nouvelle phase du conflit. Le Jnim ne cherche plus seulement à contrôler des territoires : il vise à asphyxier un État. Les prochains jours pourraient voir de nouveaux affrontements, notamment autour de Kidal, où la situation reste particulièrement volatile.