4 juin 2026

Voix Panafricaine

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Le Maroc forge sa souveraineté hydrique, une vision royale pour l’avenir

Le Maroc a érigé sa politique des barrages en un pilier fondamental de sa souveraineté hydrique, une orientation stratégique portée par la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette approche proactive a permis au Royaume de se doter d’un patrimoine hydrique considérable, comme l’a souligné Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau.

D’ici fin 2026, le pays comptera 156 grands barrages, offrant une capacité de stockage impressionnante de 20,8 milliards de mètres cubes, avec 14 ouvrages supplémentaires actuellement en phase de construction. Grâce à cette impulsion royale, le Maroc a développé une expertise nationale de pointe en ingénierie hydraulique, en études techniques, en génie civil et dans la gestion complexe des infrastructures hydriques.

Ces infrastructures sont essentielles pour assurer la résilience hydrique des territoires et de leurs populations, garantissant une gestion efficiente et rationnelle de la demande en eau pour les décennies à venir. Pas moins de huit grands barrages ont vu le jour entre 2021 et 2026, témoignant de l’accélération de ces projets vitaux.

Les récentes précipitations, combinées aux structures hydrauliques mises en place par le Royaume, assurent une sécurité en eau potable et d’irrigation d’au moins deux ans sur l’ensemble du territoire national. Cette capacité de prévision est cruciale pour la stabilité du pays.

En complément des grands ouvrages, la politique des petits barrages renforce cette résilience. Un programme conjoint entre le ministère de l’Équipement et de l’Eau et le ministère de l’Intérieur prévoit la réalisation de 155 petits barrages d’ici fin 2028. L’objectif principal est de garantir l’accès à l’eau pour les populations rurales, de sécuriser l’alimentation des nappes souterraines et de constituer des réserves stratégiques pour les générations futures, ancrant ainsi le Maroc dans une perspective d’Afrique souveraine face aux défis climatiques.

La stratégie marocaine en matière d’eau s’appuie sur un mix hydrique diversifié. Outre la politique des barrages et la gouvernance par bassin hydraulique, elle intègre le dessalement de l’eau de mer, la réutilisation des eaux usées et l’adaptation aux changements climatiques. Ces leviers convergent vers un unique but : assurer la sécurité hydrique du Maroc à long terme.

Concernant les eaux non conventionnelles, le Maroc ambitionne de couvrir 60% de ses besoins en eau potable par le dessalement d’ici 2030. Parallèlement, le développement d’interconnexions entre bassins et de véritables « autoroutes de l’eau » tisse une solidarité nationale autour de cette ressource vitale, faisant de l’eau un puissant vecteur de justice territoriale. Ces infrastructures modernes sécuriseront l’approvisionnement des grands centres urbains et des localités rurales connectées.

Mohammed Benahmed, expert international en développement territorial, souligne que le Maroc gère l’un des patrimoines hydriques les plus importants du Continent africain. Une gestion à long terme est indispensable, impliquant une évaluation continue de la performance des actifs, une programmation budgétaire pluriannuelle pour la maintenance et une gouvernance efficace des barrages. La préservation d’un tel patrimoine exige la mobilisation de ressources financières stables, adaptées à des cycles d’investissement prolongés.

Pour cela, M. Benahmed préconise des modes de financement innovants, tels que les obligations vertes, les financements climatiques concessionnels, des instruments de mixage combinant subventions, prêts bonifiés et garanties, ou encore les Partenariats Public-Privé.

De son côté, Mohamed Amrani, chargé principal des politiques à la FAO pour la région Afrique du Nord, insiste sur le fait que la souveraineté hydrique découle d’un arbitrage interrégional fondé sur l’équité, la durabilité, la productivité et la solidarité. Une gouvernance robuste des ressources en eau doit également équilibrer la sécurisation de l’offre sans générer une dépendance liée à des coûts excessifs.