Face à une situation sécuritaire critique, les autorités maliennes ont instauré de nouvelles mesures drastiques. Désormais, la circulation des motocyclettes d’une cylindrée de 125 cm³ et plus est proscrite en dehors de la capitale, Bamako, et des principales agglomérations du pays. Cette décision, qui inclut également l’interdiction de leur importation et de leur commercialisation, intervient alors que le Mali est confronté à une dégradation sécuritaire sans précédent, marquée par des attaques jihadistes récurrentes et le blocus de plusieurs voies d’accès vitales menant à la capitale.
Un arrêté interministériel, diffusé à la télévision nationale ce mercredi 3 juin, formalise l’interdiction de ces engins motorisés de « 125 cm3 et plus » sur l’ensemble du territoire malien, à l’exception notable de Bamako et des chefs-lieux. Cette initiative majeure s’inscrit directement dans la lutte contre l’insurrection jihadiste qui pèse lourdement sur la stabilité du pays.
Les motocyclettes sont malheureusement devenues un moyen de transport privilégié pour les groupes armés au Mali, un pays plongé dans une crise sécuritaire intense depuis plusieurs semaines. La pression exercée par ces groupes a même conduit à l’établissement de blocus autour de la capitale. L’arrêté précise que « la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm3 et plus, hors des grandes agglomérations, est suspendue sur toute l’étendue du territoire national ».
Exceptions et portée de la décision
Le document précise clairement que le « district de Bamako, les chefs-lieux de Région, de Cercle et d’Arrondissement » ne sont pas concernés par cette nouvelle réglementation. Parallèlement, les autorités ont également annoncé, via un communiqué distinct, la suspension de « l’importation, le transit, la commercialisation, la vente et la distribution à titre gratuit des motocyclettes cylindrées de 125cm3 et plus, ainsi que leurs accessoires (…) sur toute l’étendue du territoire nationale ».
Le Mali fait face à une recrudescence d’attaques coordonnées de grande envergure. Les 25 et 26 avril derniers, des assauts menés par des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg, ont accentué la tension. De plus, depuis le 30 avril, des groupes jihadistes maintiennent un blocus routier sur plusieurs axes cruciaux menant à Bamako, rendant cette mesure de restriction des motos d’autant plus pertinente pour la sécurité et la souveraineté du pays.
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