30 juin 2026

Voix Panafricaine

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Le Gabon renforce sa lutte contre la corruption : un dialogue crucial s’ouvre à Libreville

Libreville est le théâtre d’un événement majeur pour l’intégrité publique. Le lundi 29 juin 2026, sous l’égide du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s’est ouverte une mission d’évaluation nationale. Ce rendez-vous essentiel s’inscrit dans le cadre du dialogue direct du second cycle du mécanisme d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Pendant quatre jours, des experts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), des partenaires internationaux et des techniciens issus de diverses administrations se réuniront pour analyser les avancées du Gabon dans la prévention et la répression de la corruption.

Le Gabon, signataire de la Convention des Nations Unies contre la corruption depuis le 1er octobre 2007, réaffirme par cette démarche sa volonté de consolider des réformes profondes. L’objectif est clair : accroître la transparence, promouvoir une gestion publique plus responsable et améliorer la gouvernance au sein des institutions nationales.

Lors de l’inauguration officielle des travaux, le vice-président Hermann Immongault a souligné l’importance capitale de la lutte anti-corruption comme moteur de développement économique et social. « L’intégrité publique favorise la performance de l’action gouvernementale, sécurise l’investissement, renforce la compétitivité de l’économie et crée les conditions d’un développement durable, inclusif et équitable », a-t-il déclaré, mettant en lumière les bénéfices tangibles d’une administration saine.

Cette vision est largement partagée par tous les acteurs impliqués dans ce processus d’évaluation. Séraphin Ondoumba, point focal de l’ONUDC et membre de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), a insisté sur la portée de ce dialogue. « Je demeure convaincu que ce dialogue direct permettra non seulement de mieux apprécier les efforts accomplis par notre pays, mais également de renforcer davantage la coopération entre les États parties et de promouvoir les meilleures pratiques en matière de prévention et de lutte contre la corruption », a-t-il précisé.

Cette mission représente une étape cruciale du deuxième cycle d’examen de la Convention. L’accent est mis cette fois-ci sur les mesures préventives et les stratégies de recouvrement des avoirs illicites. Mohamed Cherbal, Chef de mission de l’ONUDC, a confirmé que « au cours de cette semaine, l’équipe de l’examen approfondira son analyse des dispositifs gabonais de lutte contre la corruption, en mettant particulièrement l’accent sur la mise en œuvre des dispositions de la Convention relatives aux mesures préventives et au recouvrement des avoirs ».

L’évaluation, qui se déroule du 29 juin au 1er juillet 2026, s’inscrit dans la continuité du premier cycle initié en 2010. Ce premier volet avait évalué le Gabon sur les chapitres III et IV de la Convention, traitant de l’incrimination, de l’application de la loi et de la coopération internationale. Une visite d’évaluation avait alors été menée du 21 au 23 avril 2015 par des experts de la Sierra Leone et de la République démocratique populaire lao.

Aujourd’hui, les attentes sont tout aussi élevées. Nestor Mbou, président de la CNLCEI, perçoit ce dialogue comme une occasion unique d’améliorer continuellement les politiques publiques. « Le dialogue direct qui s’ouvre aujourd’hui représente une étape essentielle du processus d’examen. Il ne s’agit pas simplement d’évaluer un dispositif juridique ou institutionnel ; il s’agit également d’identifier les bonnes pratiques, de reconnaître les progrès accomplis, de mesurer les défis qui subsistent et d’explorer les voies d’amélioration susceptibles de déboucher sur des recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre de notre stratégie », a-t-il affirmé.

Les conclusions de cette mission sont destinées à orienter les futures réformes et à consolider les mécanismes nationaux de prévention, de contrôle et de récupération des avoirs illicites. L’objectif final est de bâtir une administration plus intègre, plus efficace et pleinement redevable envers les citoyens, un enjeu majeur pour l’actualité Afrique francophone.