4 juin 2026

Voix Panafricaine

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Le Burundi presse la communauté mondiale d’agir face aux violences persistantes dans l’est de la RDC

Échange entre Édouard Bizimana et Floribert Anzuluni

Le Burundi, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine et fut un témoin clé de la signature de l’Accord de paix de Washington, regrette amèrement le manque de progrès sur le terrain. Cet accord, scellé entre Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo (RDC) et Paul Kagame du Rwanda sous l’égide de l’administration américaine de Donald Trump, n’a pas mis fin aux violences. L’est de la RDC reste le théâtre d’affrontements incessants entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, dont le soutien par le Rwanda est avéré, exacerbant la crise sécuritaire.

Cette position a été clairement exprimée par l’ambassadeur Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement. Lors d’un entretien avec Floribert Anzuluni, son homologue congolais en charge de l’Intégration régionale, tenu le lundi 1er juin à Bujumbura, le diplomate burundais a déploré la persistance de l’insécurité dans de nombreuses localités de l’est de la RDC, malgré le rapatriement de certains citoyens congolais. Il a vivement sollicité un renforcement de l’implication internationale pour résoudre cette crise.

Sur la plateforme X, le ministère burundais des Affaires étrangères a relayé les propos de l’ambassadeur Bizimana. Il y est mentionné que le ministre déplore le non-respect des accords de paix entre la RDC et le Rwanda, pourtant facilités par Washington. Bien que des retours de réfugiés aient été observés, de nouvelles vagues de violences ont entraîné des déplacements massifs de populations vers les nations limitrophes. Une fois de plus, l’appel à une implication internationale renforcée pour appuyer les efforts régionaux existants a été réitéré.

Parallèlement aux discussions sur la sécurité, les deux hauts fonctionnaires ont chaleureusement accueilli l’excellence des liens bilatéraux et diplomatiques unissant le Burundi et la RDC, affichant leur ferme intention de les consolider. Des thèmes variés ont été passés en revue, allant au-delà de la crise sécuritaire dans l’est congolais. Parmi eux figuraient l’emplacement futur de l’ambassade burundaise à Kinshasa, la gestion du Secrétariat exécutif de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et l’organisation du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CIRGL, actuellement présidée par la RDC.

Le ministre congolais Floribert Anzuluni a, quant à lui, salué avec ferveur les démarches diplomatiques du Burundi, en particulier son rôle actif dans la coordination de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés congolais hébergés dans les camps burundais. Abordant le cadre de la CIRGL, il a précisé qu’une rencontre de la Troïka était en préparation. L’objectif de cette réunion serait de dresser un bilan complet de l’état de la sécurité régionale et d’examiner les contributions des États membres.

L’ambassadeur Édouard Bizimana a réitéré l’engagement indéfectible du Burundi à œuvrer pour la cessation des conflits sur le continent africain. Cette ambition s’inscrit dans la vision du président Évariste Ndayishimiye, explicitée lors de son discours d’investiture à la tête de l’Union africaine, succédant ainsi à João Lourenço de l’Angola. C’est une véritable voix panafricaine qui s’exprime, cherchant une Afrique souveraine et pacifiée.

Au cœur de la région des Grands Lacs, le Burundi et la République Démocratique du Congo partagent une alliance stratégique, formalisée par un accord de défense bilatéral en mars 2023. Face à l’escalade de l’insécurité dans l’est de la RDC – que Kinshasa dénonce comme une agression rwandaise orchestrée par la rébellion de l’AFC/M23 et ses factions alliées au Sud-Kivu – Bujumbura a dépêché des milliers de militaires. Leur mission est de soutenir les Forces Armées de la RDC (FARDC) et de garantir la sécurité le long de la frontière partagée, concrétisant ainsi une coopération militaire sur plusieurs fronts.

Malgré la signature du communiqué conjoint de Montreux en Suisse, du 13 au 17 avril 2026, impliquant des émissaires du gouvernement de la RDC et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), et en présence de médiateurs tels que les États-Unis d’Amérique, le Qatar et le Togo (représentant l’Union africaine), la situation reste tendue. À l’instar des cycles de dialogue antérieurs à Doha, des accusations réciproques de non-respect du cessez-le-feu et des engagements continuent de miner les efforts. Le processus de Washington se trouve dans une impasse similaire : malgré les rencontres, aucune amélioration tangible n’est perceptible, chaque partie interprétant les clauses de l’accord à sa convenance, entravant ainsi toute avancée concrète.

Cette persistance des blocages diplomatiques, observée par les médiateurs américains et qataris, engendre des conséquences désastreuses sur la sécurité, les combats se poursuivant sans relâche dans l’est de la République Démocratique du Congo, au détriment des peuples africains.