Le président du Conseil d’administration de l’APIX, Lansana Gagny Sakho, a récemment livré son analyse sur la rupture avec Ousmane Sonko, leader du parti Pastef. Lors d’une intervention remarquée, il a justifié sa décision de s’éloigner du projet politique initial en invoquant une adhésion conditionnelle à l’époque, motivée par la personnalité des figures du mouvement.
Contrairement à ceux qui privilégient les postes aux convictions, il a clairement affirmé : « j’ai toujours placé la République avant toute considération personnelle ». Une position qui l’a conduit à décliner une offre de responsabilité gouvernementale dans le secteur de l’eau et de l’assainissement après l’alternance, préférant rester fidèle à ses valeurs plutôt qu’à une fonction éphémère.
Une divergence de vision sur l’avenir institutionnel
Lansana Gagny Sakho a vivement critiqué Ousmane Sonko pour ce qu’il qualifie de rejet systématique des institutions. Selon lui, les déclarations publiques du leader de Pastef, notamment lors d’un déplacement présidentiel à l’étranger, ont semé la confusion et fragilisé l’autorité de l’État. Des propos jugés inopportuns par l’ancien allié, qui estime qu’un responsable politique doit avant tout renforcer la cohésion nationale plutôt que de l’affaiblir.
Pourtant, malgré les tensions, l’ancien membre de Pastef reconnaît des progrès significatifs dans plusieurs domaines, dont la justice. Une avancée qu’il attribue à la volonté du président Diomaye Faye de restaurer l’équilibre institutionnel, malgré les obstacles persistants.
Justice et pouvoir : la réalité des Magistrats face aux perceptions
L’ancien garde des Sceaux, Ousmane Diagne, avait marqué les esprits en affirmant devant l’Assemblée nationale que personne ne pouvait le manipuler. Son remplacement, selon Lansana Gagny Sakho, répondait à une logique de contrôle, mais le nouveau ministre a rapidement découvert une réalité bien différente : « les magistrats ne sont pas des pantins ». Une remarque qui souligne la complexité du pouvoir exécutif face à l’indépendance de la justice.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par des départs en cascade au sein de Pastef. Plusieurs cadres du parti ont récemment rallié le camp présidentiel, notamment à l’approche de la création du parti Kiiraay. Une dynamique qui témoigne des fractures internes et de la recherche d’une stabilité politique durable.
Lansana Gagny Sakho, en réaffirmant son soutien à la politique du président Diomaye Faye, défend une vision où la continuité de l’État prime sur les querelles partisanes. Une posture qui résonne comme un plaidoyer pour une Afrique souveraine, où les institutions priment sur les ambitions individuelles.
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