l’AFC/M23 dénonce la complicité internationale face au sabotage de la paix dans l’Est de la RDC
Le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a lancé une charge virulente contre le gouvernement de Félix Tshisekedi, l’accusant d’entretenir un discours belliqueux et irresponsable susceptible d’envenimer davantage la situation sécuritaire déjà volatile dans l’Est de la RDC.
Lors d’une conférence de presse tenue hier à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, M. Nangaa a pointé du doigt l’attitude ambiguë de la communauté internationale, qu’il qualifie de « silence assourdissant », voire de « complicité » face à ce qu’il considère comme un « sabotage » des efforts diplomatiques en cours.
Un discours de Kinshasa qui aggrave les tensions
Le responsable de l’AFC/M23 a particulièrement critiqué les déclarations récentes de Félix Tshisekedi faites depuis les États-Unis, où il a réaffirmé devant des membres de la diaspora congolaise sa volonté de reconquérir militairement les zones sous contrôle du mouvement. Selon Corneille Nangaa, ces propos « frôlent l’escalade et minent les initiatives de paix », notamment les accords de Washington et le processus de Doha.
Il a souligné que Félix Tshisekedi multiplie les actions militaires sur le terrain, en violation des engagements pris, tandis que les forces de l’AFC/M23, de leur côté, auraient libéré plusieurs centaines de prisonniers de guerre comme geste de bonne volonté.
La communauté internationale pointée du doigt
Dans un communiqué poignant, Corneille Nangaa a interpellé les médiateurs et les partenaires internationaux, les accusant de fermer les yeux sur la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire dans la région, notamment dans les Hauts-Plateaux de Minembwe.
« La communauté internationale dispose d’informations détaillées sur les bilans massifs des victimes civiles et les auteurs de ces crimes. Pourtant, son silence frise la complicité. Chaque vie humaine mérite la même protection, et nous refusons que les souffrances des populations de l’Est du Congo soient reléguées au rang de tragédie périphérique, » a-t-il déclaré.
Il a également dénoncé les « duperies, manipulations et intrigues » attribuées à Félix Tshisekedi et à ses alliés, qui selon lui, « compromettent gravement les efforts de paix en RDC ».
Des appels à la désescalade restés sans réponse
Cette sortie de l’AFC/M23 survient alors que les hostilités persistent entre les forces gouvernementales et la rébellion, malgré les multiples tentatives diplomatiques visant à instaurer un cessez-le-feu durable. Les accords signés, comme ceux de Washington ou les pourparlers de Doha, peinent à se concrétiser sur le terrain.
Les observateurs s’accordent à dire que le fossé entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques sur le papier reste béant. Chaque partie continue d’interpréter les accords selon ses propres intérêts, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine.
Face à cette impasse, des voix s’élèvent pour exhorter toutes les parties à respecter leurs engagements et à privilégier le dialogue. Cependant, jusqu’à présent, ces appels semblent tomber dans le vide, laissant les populations civiles de l’Est de la RDC dans une précarité alarmante.
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