Une tournée diplomatique en Afrique de l’Est se transforme en nouveau front rhétorique entre Moscou et Kiev. Le 10 juillet, à Bujumbura, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé des ressortissants ukrainiens de soutenir le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, aux côtés du gouvernement congolais et du Burundi. L’Ukraine a rejeté cette accusation dès le lendemain.
Une accusation sans preuve, formulée à Bujumbura
Lavrov s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais Édouard Bizimana, à l’issue d’une audience avec le président Évariste Ndayishimiye — actuel président en exercice de l’Union africaine. Il évoque une agression du M23 «soutenu par des représentants étrangers, parmi lesquels figurent également des Ukrainiens », sans détailler la nature de cette présence ni produire d’élément à l’appui.
Un précédent malien qui pèse sur la crédibilité de Kiev
Fin juillet 2024, une colonne de mercenaires russes de Wagner et de soldats maliens tombe dans une embuscade tendue par des rebelles touaregs et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), dans le nord du Mali. Les rebelles revendiquent plusieurs dizaines de morts dans les deux camps. Le porte-parole du renseignement militaire ukrainien (GUR), Andriï Yusov, affirme le 29 juillet sur la chaîne publique Suspilne que les assaillants ont reçu « toute l’information nécessaire » de ses services. Kiev revient ensuite sur ses propos sans parvenir à rassurer Bamako ni Niamey. Le Mali et le Niger rompent leurs relations diplomatiques avec l’Ukraine dès août 2024, une décision à laquelle le Burkina Faso s’associe. Bamako porte depuis ce dossier devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
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