30 juin 2026

Voix Panafricaine

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La Mannschaft s’effondre en huitièmes : l’Allemagne éliminée du mondial par le Paraguay

De notre envoyé spécial à Boston,

Le scénario s’est répété, mais l’issue fut cette fois-ci dramatique pour l’Allemagne. Vingt-huit ans après un duel mémorable, la Mannschaft a de nouveau croisé la route du Paraguay, ce lundi à Boston, en seizièmes de finale de la Coupe du Monde. Mais contrairement à l’histoire, les Allemands n’ont pas trouvé la solution face au « mur » paraguayen. Au terme d’un match nul (1-1) et d’une prolongation tendue, l’Allemagne a subi une élimination inattendue lors de la séance fatidique des tirs au but (4-3 t.a.b.).

C’est un véritable séisme pour le football allemand. Pour la troisième édition consécutive du tournoi planétaire, la sélection échoue à se hisser parmi les seize meilleures nations. Plus frappant encore, c’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde que l’Allemagne s’incline lors d’une séance de tirs au but, un exercice qui était pourtant sa marque de fabrique. L’ampleur de la déconfiture était palpable dans les tribunes de presse, où l’incrédulité dominait.

Un jour noir pour le football allemand

« C’est l’un des pires jours pour le football allemand », a confié un confrère, le visage marqué, tandis que les supporters paraguayens exultaient. Joshua Kimmich, le capitaine allemand, est apparu devant les médias, le souffle court, pour tenter d’analyser cette défaite cinglante.

« C’est terrible, a-t-il déclaré. Enfant, je regardais l’équipe nationale atteindre les demi-finales, les finales de Coupe du Monde. Ces succès m’ont profondément marqué. Nous voulons offrir cette même joie aux enfants et aux fans restés au pays. Nous n’y sommes pas parvenus. »

Le positionnement de Kimmich lui-même, habituellement un pilier du milieu de terrain au Bayern Munich, a symbolisé les dysfonctionnements de la Mannschaft. Relégué à un rôle hybride, entre défenseur central et arrière droit, il a déséquilibré le flanc droit où Leroy Sané, en méforme, s’est retrouvé isolé et sans soutien.

Des choix tactiques et de joueurs sous le feu des critiques

Face à un bloc défensif paraguayen compact et bien organisé, les attaquants allemands ont montré une impuissance flagrante. Aucune réelle occasion en première période, un unique but de la tête de Kai Havertz après la pause, et quelques tentatives de longs ballons, voilà le maigre bilan offensif. Orlando Gill, le gardien sud-américain, a rarement été mis en danger. Les remplacements opérés par le sélectionneur Julian Nagelsmann n’ont pas non plus apporté le souffle espéré.

Julian Nagelsmann, jadis salué comme un jeune prodige du coaching en Bundesliga, est désormais la cible de vives critiques en Allemagne. Au-delà du résultat inacceptable, ses choix tactiques, comme l’entrée de Leon Goretzka à la mi-temps ou de Nick Woltemade en fin de match, interrogent. La sélection de certains joueurs pour ce tournoi aux États-Unis, notamment Jonathan Tah, Leroy Sané, et surtout Manuel Neuer, est également pointée du doigt.

Julian Nagelsmann devant le banc des remplaçants.

Le retour de Manuel Neuer, 40 ans, après une retraite internationale, a fait couler beaucoup d’encre. Malgré une saison mitigée avec le Bayern et la présence d’un Oliver Baumann convaincant, Nagelsmann a insisté pour l’inclure dans l’effectif. Cette décision a semé la discorde au sein du groupe, certains joueurs du Bayern soutenant son retour, contrairement à d’autres. Même si Neuer a réalisé un match honnête, avec des arrêts importants, notamment lors des tirs au but, le pari n’a pas payé.

L’avenir de Julian Nagelsmann en question

Après cette débâcle à Boston, l’avenir du sélectionneur allemand est naturellement au cœur des discussions. Interrogé sur sa position, Nagelsmann a affiché une certaine résilience :

« Je ne suis pas du genre à m’enfuir. Ce n’est pas la première fois que nous traversons un tel tournoi. Des changements sont nécessaires, mais ce n’est pas le moment d’en discuter. Si la Fédération souhaite que je continue, je le ferai. Si ce n’est pas le cas, elle me le fera savoir. Je connais les rouages du football. Beaucoup aimeraient sans doute que je ne poursuive pas. »

Malgré les tensions, Julian Nagelsmann a pu compter sur le soutien de son capitaine, Joshua Kimmich, qui l’a côtoyé à Munich : « Je crois que les Allemands ont besoin de fierté en ce moment. Malheureusement, l’équipe nationale ne leur en apporte pas. Nous, les joueurs sur le terrain, avons commis des erreurs et en assumons l’entière responsabilité. Ce n’était ni l’entraîneur, ni les médias, ni l’arbitre, ni l’adversaire. C’était notre faute. » Une déclaration qui, si elle dédouane le coach, ne change rien à la réalité : la France (ou la Suède) poursuit son chemin, tandis que l’Allemagne rentre chez elle, la tête basse.