4 juin 2026

Voix Panafricaine

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La France pousse une résolution onusienne pour les droits LGBT+ après la loi sénégalaise

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a révélé ce samedi sur la plateforme X que Paris s’apprêtait à soumettre au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un projet de résolution. Cette initiative vise à interdire aux États de criminaliser les personnes LGBT+. Cette démarche diplomatique intervient dans le sillage de l’actualité Afrique francophone, notamment deux mois après la promulgation par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye d’une législation renforçant la répression de l’homosexualité. Un ressortissant français est d’ailleurs actuellement incarcéré à Dakar en vertu de ce même texte.

« Vous pouvez compter sur la France : elle œuvre, et œuvrera toujours pour que l’agenda des droits humains avance », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, soulignant une « poussée conservatrice » qui, selon lui, se manifeste dans de nombreuses régions du monde depuis une décennie.

La législation sénégalaise et ses répercussions

Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté la nouvelle loi avec 135 voix favorables et aucune opposition, avant sa promulgation le 30 mars. Cette législation alourdit la peine maximale d’emprisonnement pour les « actes contre nature », la faisant passer de cinq à dix ans, et décuple le plafond des amendes, désormais fixé à dix millions de francs CFA. Le Premier ministre Ousmane Sonko a défendu ce texte comme une mesure de souveraineté, introduisant également un délit sanctionnant la promotion, le soutien ou le financement de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité, un sujet qui anime la tribune africaine.

Auparavant, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait exhorté Dakar à ne pas promulguer ce texte, estimant qu’il enfreignait les engagements internationaux du Sénégal. Le 16 avril, Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d’Orsay, avait exprimé la préoccupation de Paris, précisant que Jean-Noël Barrot avait discuté de la question avec son homologue sénégalais Cheikh Niang lors d’une rencontre au ministère français des Affaires étrangères.

Un citoyen français et d’autres personnes concernées à Dakar

Un citoyen français est détenu au Sénégal depuis le 14 février, accusé de faits relevant de cette nouvelle législation. Le consulat français à Dakar lui a rendu visite à quatre reprises, et les services du Quai d’Orsay sont en contact avec sa famille. Parallèlement, le 10 avril, un tribunal dakarois a condamné un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des faits similaires.

Selon les informations du ministère français des Affaires étrangères, 62 États à travers le monde criminalisent toujours les relations homosexuelles consensuelles, et parmi eux, onze prévoient la peine capitale. La date à laquelle le Conseil des droits de l’homme, basé à Genève, examinera le projet de résolution français n’a pas encore été rendue publique.