10 août 2026

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Hausse des prix de la volaille à Ati : un défi pour les tchadiens

Tchad : la crise de la volaille à Ati menace les familles et les commerçants

Dans la ville d’Ati, au Tchad, la flambée des prix de la volaille crée une tension palpable sur les marchés locaux. Ménages, commerçants et éleveurs subissent de plein fouet cette hausse, qui menace non seulement leur pouvoir d’achat, mais aussi la stabilité économique de la région. Entre pénuries et coûts exorbitants, la situation exige une réponse urgente.

volailles en vente à Ati

Des prix en hausse qui bouleversent le quotidien des ménages

Le marché central d’Ati, autrefois animé, reflète aujourd’hui une réalité économique difficile. Les clients, de moins en moins nombreux, négocient longuement avant de repartir souvent sans avoir pu acheter de volaille. Les prix ont en effet connu une progression alarmante : un poulet, autrefois accessible entre 6 000 et 8 000 FCFA, se vend désormais entre 10 000 et 15 000 FCFA, tandis que les pintades et coqs suivent la même tendance, surtout à l’approche des fêtes ou des cérémonies familiales.

L’impact sur l’alimentation des familles

Pour des milliers de foyers, l’achat de volaille est devenu un luxe. La hausse des prix s’ajoute à une inflation générale qui réduit encore davantage le pouvoir d’achat. « Auparavant, nous pouvions nous offrir un poulet chaque semaine. Aujourd’hui, c’est devenu un événement rare. Nous nous tournons vers des alternatives moins coûteuses, » confie Amina Mahamat, mère de cinq enfants, visiblement préoccupée. Cette situation menace directement la qualité nutritionnelle des repas, la volaille représentant une source majeure de protéines pour des communautés entières.

Commerçants et éleveurs en première ligne

Les vendeurs de volailles, confrontés à une baisse drastique de la demande, voient leurs revenus fondre malgré la hausse des prix. « Quand on augmente les tarifs, les clients se font plus rares. Certains repartent sans rien acheter, et nous perdons sur les deux tableaux, » explique Issa Hassan, un commerçant expérimenté. Les restaurateurs et les vendeurs de grillades subissent le même contrecoup : pour préserver leur clientèle, ils doivent soit augmenter les prix des plats, soit réduire les portions, au risque de perdre des consommateurs.

Des charges en hausse pour les éleveurs

Du côté des producteurs, les défis sont multiples. Les coûts de production n’ont cessé de grimper : aliments pour volailles, produits vétérinaires, transport et carburant pèsent lourdement sur les marges. « Nos dépenses augmentent chaque mois, et nous sommes obligés de répercuter ces coûts sur les prix de vente. Mais cela ne se traduit pas par des bénéfices, » témoigne Abakar Abdoulaye, éleveur dans la région. À cela s’ajoutent les difficultés liées aux pâturages, à la sécheresse saisonnière et aux épizooties qui déciment parfois les cheptels.

Une économie locale sous tension

L’impact de cette crise dépasse le cadre des simples transactions commerciales. Toute une chaîne économique en dépend : transporteurs, revendeurs d’aliments pour bétail, restaurateurs et petits commerçants voient leurs activités ralentir. Selon des estimations locales, les ventes de volailles auraient chuté de 20 à 30 % par rapport à l’année précédente, bien que ces chiffres restent à confirmer officiellement.

Les économistes soulignent que cette baisse de consommation entraîne un cercle vicieux : les revenus des ménages diminuent, les recettes des petits commerçants s’effritent, et l’activité économique générale se trouve fragilisée. La volaille, produit de base pour de nombreuses familles, joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire de la province du Batha.

Quelles solutions pour sortir de la crise ?

Face à cette situation critique, plusieurs pistes sont avancées pour soutenir la filière avicole et stabiliser les prix. Les acteurs locaux réclament un meilleur accès à des aliments pour volailles à des tarifs abordables, un renforcement des services vétérinaires, et des campagnes massives de vaccination contre les maladies aviaires. D’autres propositions incluent des facilités de financement pour les petits éleveurs et un accompagnement technique pour booster la production locale. Ces mesures pourraient non seulement augmenter l’offre de volailles, mais aussi sécuriser les revenus des producteurs et garantir une alimentation plus accessible.

Un enjeu de sécurité alimentaire et de développement

La crise de la volaille à Ati illustre les défis structurels auxquels le Tchad doit faire face. Sans une intervention rapide et ciblée, cette situation risque d’aggraver la précarité des ménages et de freiner la croissance économique de la région. Pour les habitants, l’accès à une alimentation équilibrée devient un combat quotidien, rendant indispensable une action concertée des autorités et des partenaires techniques pour endiguer cette flambée des prix.