17 juin 2026

Voix Panafricaine

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Gabon : mesures urgentes pour protéger la sardine et le « sans nom » de l’exportation

Face à une pénurie croissante sur les étals locaux, le gouvernement gabonais a décidé d’agir fermement pour protéger les ressources halieutiques essentielles à sa population. Depuis le 26 mars 2026, l’exportation de deux espèces emblématiques — la sardine (Ethmalosa fimbriata) et le poisson surnommé « sans nom » (Heterotis niloticus) — est désormais suspendue sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure, actée par deux arrêtés ministériels publiés au Journal officiel le 16 avril 2026, marque un tournant dans la gestion des stocks halieutiques, alors que ces produits continuent de quitter le pays vers les États voisins, notamment via des zones frontalières comme Cocobeach.

Le 30 mai 2026, la gouverneure de la province de l’Estuaire, Marie Françoise Dikoumba, a mené une opération de sensibilisation à Cocobeach. Son objectif ? Rappeler aux acteurs de la pêche, aux commerçants et aux transporteurs l’impérieuse nécessité de respecter cette interdiction. Cette initiative intervient dans un contexte où la rareté de la sardine sur les marchés locaux alimente les tensions sociales et économiques, avec une flambée des prix qui menace l’accès des ménages à cet aliment de base.

Des mesures pour sécuriser l’approvisionnement national

Les deux arrêtés ministériels visent plusieurs objectifs : réorganiser les circuits de production et de distribution, stabiliser les prix sur le marché intérieur et renforcer la traçabilité des produits de la pêche. Les autorités insistent sur l’urgence de sécuriser les exportations futures tout en garantissant le respect strict des normes sanitaires. Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large, combinant lutte contre la vie chère et renforcement de la souveraineté alimentaire — deux piliers de la politique économique actuelle.

Le ministère en charge de la Mer a également pointé du doigt la pression exercée sur les stocks de sardines dans les eaux territoriales gabonaises, ainsi que sur les populations de « sans nom » dans les bassins fluviaux et lacustres. En bloquant temporairement les exportations, l’État cherche à reconstituer le capital biologique des zones surexploitées, afin d’assurer une exploitation durable de ces ressources vitales. Les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères, prévues par le Code des pêches : saisie des cargaisons, suspension des autorisations de pêche, voire poursuites judiciaires, sauf dérogation exceptionnelle accordée par l’administration compétente.