1 juillet 2026

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Gabon : les projets financés par la bad enfin sous surveillance

Économie

Gabon : les projets financés par la bad enfin sous surveillance

Libreville, mercredi 1er juillet 2026 – Le Gabon change de stratégie. Après des années de retards répétés sur des projets clés, les autorités gabonaises ont décidé de faire le point avec la Banque africaine de développement (BAD). L’objectif est clair : obtenir des résultats tangibles pour les populations.

Lors de la rencontre du 29 juin à Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et une délégation de la BAD dirigée par l’administrateur-pays Mamour Ousmane Ba ont abordé deux chantiers prioritaires. D’une part, le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL), censé résoudre les pénuries chroniques d’eau dans la capitale. D’autre part, la route Ndendé-Doussala, infrastructure stratégique pour renforcer les échanges avec les pays voisins. Deux projets attendus avec impatience, mais dont l’avancement laisse à désirer.

Finis les retards, place à l’action

Le Gabon mise depuis des années sur des financements internationaux pour moderniser ses infrastructures. Pourtant, de nombreux projets accumulent les retards, alimentant la frustration des citoyens. Cette rencontre marque un tournant : les autorités gabonaises insistent désormais sur la performance et la redevabilité. Chaque financement doit se traduire par un impact concret dans le quotidien des Gabonais.

Cette exigence prend tout son sens dans un contexte budgétaire serré. Les populations ne jugent plus les montants investis, mais les résultats obtenus. Le PIAEPAL en est l’exemple parfait : alors que les quartiers de Libreville manquent toujours d’eau potable, chaque retard aggrave la méfiance envers les programmes publics.

La route Ndendé-Doussala illustre les mêmes difficultés. Annoncée comme un moteur de développement économique, elle reste à ce jour inachevée, privant les populations et les entreprises des bénéfices attendus.

Une gouvernance à revoir

L’un des enseignements majeurs de cette rencontre est la reconnaissance des blocages internes. Hermann Immongault a souligné la nécessité de clarifier les rôles et d’identifier les dysfonctionnements qui freinent les projets. Cette transparence tranche avec les habitudes passées, où les retards étaient souvent imputés aux seuls bailleurs ou entreprises.

Les causes sont multiples : procédures administratives complexes, coordination défaillante entre institutions, lenteurs décisionnelles ou contraintes techniques. Autant de facteurs qui, combinés, ralentissent les chantiers. Cette lucidité est un pas en avant, car les retards chroniques en Afrique sont rarement le fait d’un seul acteur. Ils reflètent souvent les faiblesses structurelles des systèmes de gestion publique.

Un partenariat à double sens

Du côté de la BAD, le ton reste mesuré. Mamour Ousmane Ba a réaffirmé la volonté de l’institution d’accompagner les priorités gabonaises, tout en recueillant les orientations pour les transmettre aux instances dirigeantes. Cette position rappelle une réalité : les financements sont disponibles, mais leur efficacité dépend des capacités nationales d’exécution.

C’est là que réside l’enjeu actuel. Au-delà des promesses et des plans, la crédibilité du Gabon se mesure à sa capacité à livrer des résultats rapides et visibles. L’accès à l’eau potable à Libreville et l’achèvement de la route Ndendé-Doussala seront les premiers indicateurs de cette volonté politique.

Dans un contexte où la compétition pour les financements internationaux s’intensifie, les pays les plus attractifs ne sont plus ceux qui empruntent le plus, mais ceux qui transforment efficacement ces ressources en infrastructures utiles et en amélioration du bien-être collectif. Le Gabon envoie un message clair à la BAD : chaque projet financé doit désormais aboutir. Reste à savoir si cette ferme exigence permettra enfin de briser le cycle des retards qui pénalise trop souvent ses grands chantiers.