25 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Gabon : la détention d’alain claude bilie by nze, une affaire controversée

Depuis le 15 avril, Alain Claude Bilie By Nze, figure de l’opposition et ancien Premier ministre gabonais, est incarcéré à Libreville. Après plus de cent jours derrière les barreaux, ses conseils juridiques s’expriment, affirmant que les accusations portées contre lui découlent d’un conflit financier privé datant de 2008 et mettent en lumière de graves irrégularités procédurales.

L’équipe de défense d’Alain Claude Bilie By Nze maintient que l’incarcération de leur client, longue de plus de trois mois, est liée à un vieux contentieux d’ordre privé. Un communiqué récent de ses avocats souligne que cette dispute, concernant une somme d’environ 7 600 euros et remontant à l’année 2008, serait le motif réel de son arrestation. Le parti Ensemble pour le Gabon a précisé que l’ancien chef du gouvernement fait face à des accusations d’escroquerie et d’abus de confiance. Avant le coup d’État d’août 2023, mené par le général Brice Oligui Nguema, Alain Claude Bilie By Nze occupait le poste de Premier ministre. Il avait ensuite concouru à l’élection présidentielle post-transition, mais n’avait pas réussi à l’emporter.

Conditions de détention et irrégularités procédurales : les critiques fusent

Les avocats de l’opposant gabonais dénoncent fermement ses conditions de détention, le décrivant dans une cellule de cinq mètres carrés, privée de toute lumière naturelle, au sein d’un établissement pénitentiaire de la capitale, Libreville. Ils mettent également en avant une période de cent jours d’isolement, qu’ils qualifient de « politique et arbitraire ». Plus préoccupant encore, la défense assure n’avoir jamais pu consulter le dossier complet de l’affaire. Le juge d’instruction aurait même affirmé ne plus détenir les pièces nécessaires. Malgré une requête en annulation de la procédure soumise par les avocats, celle-ci a été refusée le 2 juin par la cour d’appel de Libreville. « Un individu est maintenu en détention sans que sa défense n’ait jamais eu l’autorisation de consulter le dossier sur lequel reposent les charges », a souligné maître Arthur Vercken dans une déclaration de l’équipe juridique. Cette incarcération intervient dans un contexte politique délicat au Gabon, marqué par la réorganisation institutionnelle qui a suivi le coup d’État d’août 2023. Cet événement avait alors mis fin à plus d’un demi-siècle de règne de la famille Bongo. Par la suite, Brice Oligui Nguema a accédé à la présidence suite à un scrutin que les nouvelles autorités ont présenté comme un jalon vers un régime civil.