3 juin 2026

Voix Panafricaine

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Financement de la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso : le défi de l’autonomie locale

Le 24 mars 2026, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a orchestré une session de réflexion stratégique sur une thématique brûlante : la recherche d’alternatives endogènes pour soutenir les droits liés à la santé sexuelle et reproductive (SSR) ainsi qu’à la planification familiale au Burkina Faso, dans un climat marqué par l’insécurité.

Le pays fait face à une double contrainte : une instabilité sécuritaire persistante et un retrait progressif des partenaires financiers internationaux. Ce désengagement menace directement la pérennité des soins en matière de SSR. Les statistiques du ministère de la Santé révèlent que les aides extérieures couvraient autrefois environ 81 % des besoins financiers. La chute de ces contributions impose désormais une réinvention du modèle de financement burkinabè.

Désiré Thiombiano, à la tête de AMS synergie Burkina Faso, estime que le salut viendra d’une mobilisation citoyenne accrue. Selon lui, il est impératif de ne plus dépendre exclusivement de la générosité internationale. « Nous devons prendre nos responsabilités et investir localement pour combattre les grossesses précoces, les mariages forcés et la mortalité maternelle », a-t-il martelé.

Trois piliers pour une souveraineté sanitaire

Pour concrétiser cette autonomie, l’expert propose plusieurs leviers d’action :

  • L’éducation des citoyens sur l’importance de participer financièrement à la santé publique.
  • La promotion de la masculinité positive en impliquant activement les chefs coutumiers et religieux dans les campagnes de sensibilisation.
  • La mise en place de mécanismes de collecte de fonds au niveau des collectivités territoriales pour garantir une transparence et une gestion durable.

De son côté, la Dr Clarisse Bougma, agissant au nom de la direction de la santé de la famille, a mis en avant les efforts déjà consentis par l’État. Entre 2020 et 2025, le gouvernement a alloué près de 3,9 milliards de francs CFA pour l’achat de produits contraceptifs. Malgré la raréfaction des ressources externes, les autorités entendent maintenir l’accès aux soins, particulièrement dans les zones à fort défi sécuritaire.

Elle a ajouté que la recherche de financements propres est devenue une priorité pour assurer la pérennité des programmes de santé et atteindre les engagements internationaux du pays.

Le coordonnateur national du REMAPSEN, Boureima Sanga, a rappelé que cette initiative vise à outiller les professionnels des médias. « Dans une période de crises multiples, la presse doit maîtriser les enjeux du financement local pour mieux sensibiliser l’opinion publique et soutenir la souveraineté sanitaire », a-t-il précisé.

Fondé en 2020, le REMAPSEN continue, avec le soutien du Partenariat de Ouagadougou, de promouvoir des solutions locales et pérennes pour le bien-être des populations africaines.