4 juillet 2026

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Est de la RDC : les difficultés financières de l’ONU menacent l’enquête sur les violences au Nord-Kivu et Sud-Kivu

Est de la RDC : les difficultés financières de l’ONU menacent l’enquête sur les violences au Nord-Kivu et Sud-Kivu

Lors de sa première mission officielle en République démocratique du Congo, la Commission d’enquête indépendante sur les droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a partagé ses premières conclusions devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Cette audition, programmée dans le cadre de la soixante-deuxième session du Conseil, marquait une étape cruciale pour cette instance créée en février 2025 afin d’évaluer les exactions commises dans l’est du pays.

Une mission entravée par des obstacles sécuritaires et logistiques

Bien que la Commission ait mené des consultations approfondies à Kinshasa auprès de divers acteurs — victimes, défenseurs des droits humains, société civile, gouvernement, diplomates et agences onusiennes — son accès aux zones directement touchées par les violences reste limité. Goma, épicentre des tensions, n’a pu être visitée en raison de l’instabilité persistante. Selon les membres de la Commission, leur déploiement sur le terrain est conditionné par une amélioration des conditions sécuritaires, actuellement jugées trop risquées.

Des contraintes financières qui paralysent l’action sur le terrain

Au-delà des défis sécuritaires, la Commission fait face à une pénurie de financements qui menace directement ses capacités opérationnelles. Arnauld Akodjenou, président de l’instance, a alerté sur l’impact dévastateur de ces restrictions budgétaires :

« Les difficultés financières globales des Nations Unies ont directement affecté notre aptitude à enquêter. Les moyens déployables pour les missions, l’interprétation simultanée, le soutien analytique et la présence continue sur le terrain ont été réduits à leur minimum. Malgré ces obstacles, nous restons déterminés à remplir notre mandat avec intégrité et rigueur. Les souffrances endurées par les populations exigent des enquêtes approfondies et une réponse internationale sans faille. »

Il a également insisté sur l’urgence d’assurer un accès humanitaire sans entrave aux populations vulnérables — femmes, enfants, personnes handicapées, personnes âgées — ainsi qu’aux travailleurs médicaux et humanitaires engagés dans la lutte contre Ebola, dont les foyers persistent dans la région.

Un mandat exigeant et une mission en suspens

Instaurée par la résolution S-37/1 du Conseil des droits de l’homme, la Commission a pour mission d’établir les faits, de conserver les preuves, d’identifier les responsables et d’analyser les causes profondes des cycles de violence qui déchirent l’est de la RDC. Créée en réponse à l’escalade des hostilités en janvier 2025, elle doit également examiner les crimes internationaux potentiels, notamment les violences sexuelles et sexistes, ainsi que les exactions ciblant les déplacés et les réfugiés.

Arnauld Akodjenou a rappelé que la protection des victimes et des témoins est une priorité absolue pour éviter toute intimidation ou représailles. Il a salué l’engagement du Conseil à garantir la sécurité et la dignité de ceux qui collaborent avec les mécanismes onusiens, soulignant que la confiance est la clé pour faire progresser l’enquête.

Un appel à la mobilisation internationale

Alors que la République démocratique du Congo continue de subir les conséquences d’un conflit prolongé, la Commission appelle à une coordination renforcée entre les parties prenantes pour faciliter un accès humanitaire total et inconditionnel. Sans un soutien financier et logistique accru, les capacités d’enquête de l’instance risquent de s’effondrer, compromettant ainsi les efforts de justice et de réconciliation dans la région.

La situation dans l’est de la RDC reste un défi humanitaire et sécuritaire majeur, où chaque jour de retard dans l’action équivaut à une perte supplémentaire pour les populations civiles. La communauté internationale est désormais interpellée : le temps presse pour éviter que l’impunité ne s’installe durablement.