- Sécurité
- Vendredi 3 juillet 2026 – 09:52
Face à la persistance des affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion AFC/M23, prétendument soutenue par le Rwanda et occupant de vastes zones au Nord-Kivu et Sud-Kivu, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a réaffirmé son engagement à soutenir les initiatives de paix en cours. Ces efforts incluent l’Accord de Washington et le processus de Doha, appuyé par l’Union africaine, tous visant à restaurer la paix et la stabilité durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.
James Swan, en sa qualité de représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, a fait cette déclaration le jeudi 2 juillet. Cette annonce a suivi une rencontre stratégique à l’hôtel de la Défense avec le vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale et des anciens Combattants, Guy Kabombo. M. Swan a souligné que la MONUSCO avait significativement renforcé les capacités opérationnelles et logistiques du Mécanisme conjoint de vérification renforcé (MCVR+), une démarche essentielle pour appuyer les dynamiques régionales de pacification dans cette région troublée de l’actualité Afrique francophone.
« Conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en décembre 2025, notre mission a été dotée d’un nouveau mandat axé sur le soutien au mécanisme de monitoring et de vérification du cessez-le-feu. Nous avons discuté des modalités de mise en œuvre de ce mandat et de notre collaboration avec le ministère de la Défense nationale et des anciens Combattants pour atteindre les objectifs fixés par la MONUSCO », a précisé le chef de la mission onusienne après l’entretien.
Alors que plusieurs partenaires de la RDC, notamment lors de la récente réunion d’évaluation de l’Accord de Washington à Londres et au Conseil de sécurité des Nations unies, appellent au déploiement rapide de la première mission de vérification du cessez-le-feu dans l’est du pays, la MONUSCO se déclare prête. James Swan a affirmé que l’institution attendait uniquement la désignation officielle des sites où ces opérations de vérification devront être menées.
« La MONUSCO a déjà activement contribué au déploiement du Mécanisme conjoint de vérification Plus (MCVE+). Notre mandat nous confère la responsabilité d’offrir un soutien logistique et un encadrement sécuritaire aux activités du MCVE+. Suite à des requêtes additionnelles, nous avons fourni un appui logistique et avons déjà entamé la planification pour accompagner les missions sur les sites identifiés pour le Monitoring du cessez-le-feu. Nous sommes prêts dès que le mécanisme aura déterminé les lieux à visiter », a assuré James Swan.
Au-delà de cette question cruciale, le chef de la MONUSCO et le vice-Premier ministre de la Défense nationale ont également passé en revue les autres dimensions du mandat de la mission onusienne. James Swan a mis en exergue l’importance de renforcer la coopération entre la MONUSCO, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), pour la sécurité des peuples africains de la région.
« La MONUSCO maintient une collaboration étroite avec le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, ainsi qu’avec les autorités congolaises. Avec plus de 8 000 militaires déployés et un partenariat solide avec les FARDC, notamment dans le Grand Nord et en Ituri, il était essentiel de partager avec le ministre nos actions et de réaffirmer nos mandats fondamentaux : la protection des civils, les initiatives de désarmement, démobilisation et réintégration des groupes armés, et notre soutien à la réforme du secteur de la sécurité », a détaillé James Swan.
Cette rencontre de haut niveau intervient dans le sillage des appels lancés par les États-Unis et d’autres partenaires de la RDC, notamment après la réunion de Londres. Cette dernière, sixième session du Comité mixte de surveillance (CMS), visait à évaluer la mise en œuvre de l’Accord de Washington, un pacte crucial pour la restauration de la paix et de la sécurité dans la région des Grands Lacs, et plus spécifiquement dans l’Est de la RDC.
À l’issue de ces travaux, Kinshasa et Kigali ont réaffirmé leur engagement à accélérer l’application des accords bilatéraux. Le communiqué final, émis par le Département d’État américain, a notamment souligné l’engagement des deux parties à « solliciter l’ajustement du mandat de l’EJVM+ (Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus) afin qu’il intègre la vérification des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington ».
La RDC et le Rwanda ont également convenu de « soutenir le déploiement rapide de l’EJVM+ pour sa première mission de vérification » et ont « exhorté tous les acteurs sur le terrain à appuyer cette initiative ».
Les deux nations ont en outre promis d’« établir des conditions politiques et sécuritaires favorables aux processus de vérification conjointe », une étape jugée indispensable pour garantir l’efficacité des mécanismes de paix prévus.
Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, la MONUSCO est mandatée pour soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent. Ce soutien se matérialise par une aide technique et logistique fournie à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) via le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (EJVM+).
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