Est de la RDC : la géographie impose une coexistence éternelle avec le Rwanda
Lors de la clôture de la session ordinaire de mars 2026, le président de l’Assemblée nationale congolaise, Aimé Boji Sangara, a dressé un bilan sans concession de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une région en proie à des violences persistantes, où les civils paient le prix fort des conflits armés et des tensions régionales.
Une région sous tension : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri en première ligne
Dès les premières minutes de son allocution, Aimé Boji Sangara a mis en lumière l’urgence de la situation dans les provinces de l’Est. Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri restent des zones de crise, où les populations civiles subissent quotidiennement les conséquences des affrontements entre groupes armés et forces de défense. Entre massacres, enlèvements et pillages, la vie des habitants est rythmée par l’insécurité.
« La situation sécuritaire dans l’Est de notre pays reste la préoccupation majeure de la représentation nationale. Nos pensées se tournent immédiatement vers cette région. L’agression rwandaise, avec son groupe terroriste de l’AFC/M23, ainsi que les exactions commises par les ADF, continuent de faire couler le sang de nos compatriotes. »
Le président de la Chambre basse a également souligné l’implication de groupes armés étrangers dans la déstabilisation de ces territoires, exacerbant une crise humanitaire déjà alarmante.
Un hommage aux forces de défense et un appel à la mobilisation nationale
Face à cette situation, Aimé Boji Sangara a tenu à rendre hommage aux FARDC (Forces armées de la RDC) et aux Wazalendo, ces groupes d’autodéfense qui combattent aux côtés de l’armée régulière. Leur engagement, souvent au péril de leur vie, a été salué comme un symbole de courage et de détermination.
« Depuis cette tribune, l’Assemblée nationale réitère sa condamnation la plus ferme de cette guerre injuste et meurtrière. Elle rend un hommage vibrant à nos FARDC, aux Wazalendo, et aux populations du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri. La Nation ne vous oublie pas. »
Un message clair à Kigali : la géographie prime sur les ambitions
Dans un ton ferme et sans ambiguïté, le président de l’Assemblée nationale a interpellé les autorités rwandaises. Il a rappelé que la géographie impose une coexistence éternelle entre les deux pays, et que la guerre ne saurait être une solution durable.
« Aux agresseurs rwandais et leurs alliés de l’AFC/M23, nous disons qu’il est temps d’arrêter les manœuvres de déstabilisation, de cesser le pillage de nos ressources et de mettre fin à l’extermination de nos populations. Ni les velléités expansionnistes, ni la violence ne pourront entamer notre souveraineté. Aucune portion de notre territoire ne sera cédée. Le Rwanda doit comprendre que la géographie nous condamne à être voisins pour l’éternité. La guerre ne fera que perpétuer une haine dont les générations futures paieront le prix. Seule la paix durable profitera à tous. »
Des accords de paix inappliqués : une diplomatie en échec
Malgré la signature de l’Accord de Washington et du processus de Doha, sous l’égide des États-Unis et du Qatar, la situation sur le terrain reste préoccupante. Les réunions d’évaluation se succèdent, mais les violences et les déplacements forcés de populations continuent de s’aggraver. Les financements destinés à l’aide humanitaire, déjà en baisse, peinent à répondre à l’urgence.
Les appels au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes se heurtent à une réalité implacable : chaque acteur interprète les accords à sa manière, rendant leur mise en œuvre incertaine. L’écart entre les avancées diplomatiques et les réalités du terrain persiste, laissant les populations civiles dans une précarité extrême.
Une souveraineté à préserver, une paix à construire
Face à cette crise, Aimé Boji Sangara a réaffirmé la détermination de la RDC à préserver son intégrité territoriale et à rechercher une paix durable. Il a appelé à la cessation immédiate des hostilités et à la fin des ingérences extérieures dans les affaires internes du pays.
Son discours, à la fois ferme et engagé, s’inscrit dans une volonté de mobiliser l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux pour mettre fin à une situation qui, depuis des années, plonge l’Est de la RDC dans le chaos. La paix, a-t-il martelé, est le seul chemin viable pour un avenir prospère et stable.
Plus d'histoires
Attaque terroriste à Niamey : l’AES pointe l’implication de puissances étrangères
Burkina Faso : la dépendance financière révélée par les chiffres
Burkina Faso : quand l’or de Ouagadougou passe sous contrôle russe