En RDC, l’impunité des crimes de guerre pèse lourdement sur les citoyens et l’avenir du pays

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Une pétition pour sortir de l’impunité : quelles conséquences pour les Congolais ?

En République démocratique du Congo, des millions de personnes continuent de subir les conséquences directes de décennies de conflits et de l’absence de justice. La campagne « 6 millions de voix pour la justice au Congo », portée par Amnesty International, vise à recueillir six millions de signatures pour exiger que les auteurs présumés de crimes répondent enfin de leurs actes. Un enjeu qui dépasse le seul cadre judiciaire : il touche à la reconstruction du pays, à la confiance des citoyens et à la stabilité de toute la région.

« Nous sommes nés en guerre » : le cri d’une génération sacrifiée

À Goma, dans le quartier de Kasika, Noël Chiza, 37 ans, incarne cette réalité. Père de cinq enfants, il affirme n’avoir jamais connu la paix. Victime de nombreuses violences, il s’indigne de voir ceux qu’il considère comme ses bourreaux occuper aujourd’hui des postes de responsabilité dans les institutions publiques, plutôt que de rendre des comptes devant la justice.

« Nous sommes nés en guerre, nous grandissons en guerre, nous avons vécu des atrocités de tout genre et nous risquons même de mourir en guerre. C’est pourquoi nous ne pouvons pas continuer à récompenser ceux qui ont commis des crimes en les intégrant dans les institutions, que ce soit au niveau local ou national », a-t-il témoigné.

Des millions de victimes encore en vie, oubliées des réparations

Les six millions de signatures recherchées par Amnesty International font référence au nombre estimé de personnes décédées à la suite des conflits dans l’est de la RDC. Mais derrière ce chiffre, des millions d’autres victimes, moins visibles, sont toujours en vie et attendent réparation. C’est le cas de Josué Wallay, contraint de fuir sa région d’origine.

« Aujourd’hui, je suis déplacé à Kinshasa, loin de ma communauté et de mon cadre de vie, à cause des conflits qui sévissent dans l’est de la RDC. Ce déplacement n’est pas un choix de confort ; c’est une rupture avec mon environnement, mes habitudes, mes activités et une partie de ce qui donnait un sens à mon quotidien. Les conflits m’ont affecté à plusieurs niveaux », a-t-il expliqué.

L’impunité, frein majeur à la paix et au développement

Pour Raphaël Wakenge, défenseur des droits humains engagé dans la campagne, la lutte contre l’impunité est indispensable pour parvenir à une paix durable. Selon lui, l’absence de justice alimente un cycle de violence et empêche toute reconstruction sociale et économique.

« La justice congolaise souffre non seulement d’un manque de capacités, mais aussi d’un manque de volonté politique. Nous avons besoin d’une justice capable d’apporter des réponses aux victimes, notamment à travers des réparations. Nous appelons toutes les personnes solidaires des victimes congolaises à se joindre à cette campagne. »

À travers cette mobilisation, Amnesty International demande également que le 1er octobre soit décrété « Journée nationale de réflexion et d’action sur les crimes de droit international commis en République démocratique du Congo ». Une manière d’inscrire la lutte contre l’impunité dans le calendrier national et de rappeler aux autorités leurs obligations envers les victimes.

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