discours de Bassirou Diomaye Faye : la démocratie, un héritage à préserver au Sénégal

Dans un contexte politique tendu, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a livré un message fort lors d’un hommage rendu à l’ancien chef de l’État Abdoulaye Wade. À l’occasion de son centenaire, célébré le 29 mai, le chef de l’État a rappelé les principes qui fondent la démocratie sénégalaise.
« Une querelle, si vive soit-elle, ne mérite pas que l’on déchire le pays qui nous unit », a-t-il déclaré, soulignant que « la démocratie n’est pas un bien que l’on s’approprie pour le conserver jalousement, mais une flamme que l’on transmet de génération en génération ». Ces propos, tenus jeudi 4 juin, résonnent comme un appel à l’unité dans un climat politique marqué par des tensions croissantes.
Cette prise de parole intervient alors que les relations entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, se sont fortement dégradées. Le 22 mai, le président a destitué ce dernier, mettant fin à une collaboration politique de plusieurs années.
Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, a réagi en évoquant une « situation de cohabitation » avec le chef de l’État. « Il n’a pas tous les pouvoirs. Il faut qu’il redescende de son piédestal et qu’on se parle », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.
Un héritage politique et des valeurs à transmettre
Lors de la cérémonie en l’honneur d’Abdoulaye Wade, Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à l’ancien président en ces termes : « Vous nous avez appris qu’une querelle, même intense, ne doit pas menacer l’unité nationale. Vous nous avez enseigné que servir la jeunesse du pays vaut mieux que de l’instrumentaliser. »
Ces mots, accueillis par des applaudissements nourris au Grand Théâtre de Dakar, ont marqué les esprits. Le président a également insisté sur la nécessité de préserver la cohésion nationale, déclarant : « L’adversaire d’aujourd’hui n’est pas un ennemi. C’est un compatriote qui voit le pays différemment, mais avec qui il faudra, une fois les débats terminés, continuer de partager la même maison. »
Il a ajouté : « On peut s’opposer sans se déchirer. » Un message d’apaisement dans un contexte où les divergences politiques pourraient fragiliser la stabilité du pays.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a salué la capacité d’Abdoulaye Wade à « ne jamais désespérer du Sénégal, même face à ceux qui s’égarent dans la haine ou l’acrimonie ». Une référence implicite aux tensions actuelles, où la concorde nationale est plus que jamais un enjeu majeur.
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