7 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Dette publique au Togo : le secteur privé étouffe sous les impayés de l’état

Lomé confrontée à une crise financière sans précédent

Les dirigeants des entreprises togolaises sonnent l’alarme. Malgré les assurances répétées des autorités, la dette intérieure de l’État asphyxie progressivement l’activité économique du pays. Cette dette, qui correspond aux sommes dues par l’État pour des prestations déjà réalisées, atteint désormais un seuil critique.

Selon les estimations des professionnels, cette situation représente un fardeau financier de plus de 1 700 milliards de FCFA, soit plus de 60 % de la dette publique totale du Togo. Les entreprises du secteur du BTP, les fournisseurs de services administratifs et les distributeurs d’énergie subissent de plein fouet les conséquences de ces retards de paiement.

Un cercle vicieux qui paralyse l’économie

Les entrepreneurs togolais se retrouvent dans l’incapacité d’investir dans leur outil de production, de moderniser leurs installations ou de recruter de nouveaux talents. Plusieurs petites et moyennes entreprises peinent même à honorer leurs propres engagements, mettant en péril la stabilité de leur chaîne de sous-traitance.

« Comment pouvons-nous contribuer à la croissance du pays si l’État ne nous règle pas nos créances ? », s’interroge un chef d’entreprise basé à Lomé. « Nous sommes appelés à créer des emplois, mais comment y parvenir sans trésorerie ? »

Des promesses gouvernementales jugées insuffisantes

Face à cette crise, les autorités togolaises ont annoncé un plan d’apurement pour rembourser progressivement les sommes dues aux entreprises. Cependant, les acteurs économiques restent sceptiques. Les observateurs soulignent que la situation budgétaire du pays ne permet pas de dégager des liquidités suffisantes pour apaiser les tensions.

Les caisses de l’État, déjà sous pression, peinent à trouver des solutions immédiates. Malgré les efforts du Trésor public pour lever des fonds sur le marché régional de l’UMOA, les retards de paiement persistent. Pour les entrepreneurs, ces annonces ne sont qu’une tentative de temporiser face à une crise qui s’aggrave.

Le véritable espoir réside désormais dans les fonds promis par la Banque mondiale. Un montant de 200 millions de dollars a été validé pour soutenir les réformes économiques et moderniser les infrastructures logistiques du pays. Pourtant, son déblocage tarde, privant le secteur privé d’un souffle financier nécessaire.

« Sans cet argent frais, nous ne pouvons que constater l’écart entre les discours et la réalité », confie un dirigeant d’entreprise. « Les virements doivent arriver rapidement, sinon c’est l’ensemble de l’économie qui risque de s’effondrer. »