Visitors wearing military camouflage stand at the entrance of the 'PMC Wagner Centre', associated with the founder of the Wagner private military group (PMC) Yevgeny Prigozhin, during the official opening of the office block on the National Unity Day, in Saint Petersburg, on November 4, 2022. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)
Financement occulte : comment l’héritage de Wagner alimente le trafic d’opioïdes en Afrique centrale
Trois ans après la chute d’Evgueni Prigojine, les structures qu’il avait implantées en Afrique continuent de proliférer. Une enquête récente révèle que d’anciens mercenaires du groupe Wagner, désormais dispersés, s’appuieraient sur un trafic massif de tramadol pour assurer leur survie opérationnelle. Ce puissant antidouleur opioïde, souvent surnommé la « cocaïne des pauvres », serait devenu un pilier financier de leurs activités résiduelles.
Une présence tenace malgré la disparition du leader
En août 2023, la mort d’Evgueni Prigojine marquait la fin officielle du groupe Wagner. Pourtant, près de 500 anciens combattants ont choisi de rester en République centrafricaine. Parmi eux, Pavel Prigojine, fils du défunt chef, figure toujours parmi les figures clés de cette transition. Si Moscou a officiellement transféré les opérations extérieures sous contrôle étatique, les réseaux locaux, eux, ont adapté leur modèle économique pour perdurer.
Le tramadol, nouvelle monnaie d’échange des mercenaires
Selon les informations recueillies, le trafic de tramadol s’est intensifié depuis 2023. Ce médicament, initialement conçu pour soulager les douleurs modérées à sévères, est aujourd’hui détourné à des fins illicites. Son faible coût et son accessibilité en ont fait une ressource lucrative pour des groupes en quête de financements autonomes.
Les anciennes zones d’influence de Wagner, notamment en République centrafricaine, servent de plaques tournantes pour ce commerce. Les rapports indiquent que les flux de tramadol transitent par des réseaux parallèles, échappant aux contrôles sanitaires et sécuritaires. Les bénéfices générés permettraient de subventionner d’autres activités, consolidant ainsi la présence de ces groupes sur le territoire.
Un financement qui préoccupe les autorités locales
Les autorités centrafricaines, déjà aux prises avec une insécurité chronique, voient d’un mauvais œil cette nouvelle source de revenus pour les anciens mercenaires. Le tramadol, en circulant librement, aggrave les problèmes de santé publique et alimente les tensions communautaires. Les efforts de régulation restent limités, faute de moyens et de coopération internationale renforcée.
Face à cette situation, les gouvernements africains et leurs partenaires internationaux tentent d’identifier des solutions durables. Mais la résilience des réseaux Wagner, couplée à l’ampleur du trafic, rend la tâche complexe. La question se pose désormais : comment démanteler ces circuits sans risquer une escalade de violence dans une région déjà fragilisée ?
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