Cameroun | Risque souverain : la succession de Biya pèse sur la note du Trésor

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L’agence Fitch Ratings a abaissé, le 16 octobre 2026, la note de défaut émetteur à long terme du Cameroun de « B » à « B- », tout en maintenant une perspective stable. La note en monnaie locale a subi le même déclassement. Cette dégradation traduit une perception accrue des risques pesant sur la solvabilité du pays, notamment en raison des incertitudes politiques et des difficultés de financement. Elle devrait se traduire à court terme par une hausse de la prime de risque adossée aux levées de financement sur le marché.

L’agence justifie ce déclassement par le risque que fait peser l’incertitude de la transition politique et la succession de Paul Biya. Le président, âgé de 93 ans, est à son huitième mandat. Par ailleurs, le poste de vice-président institué par la révision constitutionnelle d’avril 2026 — qui alimente de vifs débats politiques dans le pays — demeure vacant.

Pour Fitch, cette absence de visibilité sur la succession à la tête de l’État nourrit l’incertitude quant à la continuité du pouvoir et à la capacité d’un éventuel successeur à asseoir sa légitimité, déjà contestée par les partis d’opposition. La dégradation de la notation de l’État camerounais (et de ses démembrements) met en évidence les contraintes qui pèsent sur son financement. L’agence estime que les besoins bruts de financement atteindront 7,3 % du PIB en 2026, puis 6,5 % en 2027, contre 5 % en 2025. Dans le même temps, le pays n’a pas conclu de nouvel accord avec le FMI.

Dans ces conditions, les émissions obligataires sur le marché régional devraient rester un levier crucial de financement pour Yaoundé. Or, cette dépendance intervient dans un environnement régional où les possibilités de mobilisation des ressources se resserrent. Le marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est devenu une source de financement plus difficile pour les États membres, constate l’agence. Cette évolution s’explique notamment par l’exposition croissante des banques de la sous-région à la dette souveraine.

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Malgré cette dégradation, les perspectives macroéconomiques du Cameroun demeurent relativement favorables selon les projections de Fitch. L’agence table sur une croissance économique de 3,7 % en 2026 et en 2027, avant une accélération à 4,1 % en 2028. Cette progression serait portée par les investissements dans les secteurs de l’électricité et des mines. L’évolution projetée de la dette publique constitue également un facteur d’atténuation. Son encours devrait passer de 42,5 % du PIB à fin 2025 à 39,1 % en 2028, un niveau nettement inférieur à la médiane des pays notés « B » dans le portefeuille de Fitch. Sur le plan budgétaire, l’agence anticipe un déficit de 2,2 % du PIB en 2026, notamment sous l’effet des dépenses liées aux subventions aux carburants.

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