21 juillet 2026

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Cameroun : la santé de Paul biya alimente les rumeurs de vacance du pouvoir

Cameroun : la santé de Paul Biya alimente les rumeurs de vacance du pouvoir

Depuis le 7 juin 2026, le président camerounais Paul Biya séjourne en Europe, officiellement pour un « court voyage privé ». Cette absence prolongée, dans un contexte de silence des autorités, a ravivé les interrogations sur son état de santé et relancé les débats autour d’une éventuelle vacance du pouvoir.

Un séjour privé qui s’éternise : qu’en dit la Constitution camerounaise ?

Selon le communiqué du Directeur de Cabinet présidentiel, Samuel Mvondo Ayolo, le chef de l’État aurait quitté le Cameroun pour un « court séjour privé ». Pourtant, plus de 45 jours après son départ, aucun retour n’est annoncé, alimentant les spéculations sur son état de santé et les conditions de son déplacement. Plusieurs observateurs soulignent que cette situation rappelle les absences fréquentes de Paul Biya en Suisse, où il passe régulièrement des périodes de repos.

Pourtant, la loi fondamentale camerounaise ne fixe aucune limite temporelle à l’absence du président en dehors du territoire national. Contrairement à ce que certains pourraient penser, le nombre de jours passés à l’étranger ne suffit pas à établir une vacance du pouvoir. Seuls trois cas précis sont envisagés par la Constitution : le décès, la démission ou un empêchement définitif du président en exercice.

Comment définir un « empêchement définitif » ?

La notion d’empêchement définitif, mentionnée dans l’article 10 de la Constitution, reste floue. Aucune loi ou texte réglementaire ne précise ce que recouvre exactement cette notion, laissant une marge d’interprétation importante. Dans ce contexte, les autorités camerounaises pourraient arguer que Paul Biya exerce ses fonctions depuis l’étranger, sans que cela ne constitue une violation de la loi.

Cette ambiguïté juridique explique pourquoi certains analystes estiment que le président camerounais pourrait, en théorie, diriger le pays depuis Genève pendant des années, sans que cela ne soit considéré comme une vacance du pouvoir.

La vacance du pouvoir : une question de morale plus que de droit

Si la légalité d’un tel séjour est difficile à contester, c’est sur le plan éthique et politique que la situation devient problématique. L’absence prolongée de Paul Biya coïncide avec des retards dans la formation du gouvernement et l’absence de Vice-Président, deux éléments qui nourrissent les spéculations.

En effet, depuis plus de 43 ans de pouvoir ininterrompu, jamais un décret majeur n’a été signé ou publié par le président depuis l’étranger. Cette absence de communication visible depuis son départ interroge une partie de l’opinion publique, d’autant plus que la réforme constitutionnelle réintroduisant le poste de Vice-Président a été adoptée dans l’urgence.

Pour certains observateurs, la rapidité avec laquelle cette réforme a été menée contraste avec la lenteur dans la mise en place des institutions. Cette dichotomie alimente les théories selon lesquelles l’état de santé du président pourrait impacter la gouvernance du pays.

Faut-il s’attendre à un changement institutionnel ?

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que la situation actuelle constitute une vacance du pouvoir au sens de la Constitution. Les institutions camerounaises continuent de fonctionner, et les autorités rassurent régulièrement sur l’état de santé de Paul Biya. Pourtant, l’opacité entourant son séjour et l’absence de signes concrets de son retour alimentent les doutes.

Certains y voient une opportunité pour une transition politique, tandis que d’autres craignent un blocage institutionnel. Une chose est sûre : la question de la vacance du pouvoir au Cameroun ne se résoudra pas par des spéculations médiatiques, mais par une clarification officielle des autorités.

En attendant, le pays reste suspendu à chaque communiqué, chaque silence, et chaque absence prolongée d’un président qui, malgré son âge avancé, reste une figure centrale du paysage politique camerounais.