14 juillet 2026

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Blocages douaniers : le Programme sino-congolais en péril

blocages douaniers : le Programme sino-congolais en péril

bannière illustrant le Programme sino-congolais

Les chantiers du Programme sino-congolais, vitaux pour la modernisation des infrastructures en République Démocratique du Congo, s’essoufflent sous le poids des lenteurs administratives. Malgré les engagements conjoints des acteurs techniques, financiers et institutionnels, les retards accumulés dans le dédouanement des matériaux et équipements freinent considérablement l’avancement des travaux sur le terrain.

des retards critiques pour les infrastructures routières

Le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté le Ministre des Infrastructures, John Banza, lors de la récente caravane d’inspection des chantiers. Sans le déblocage urgent du bitume retenu à la douane de Matadi depuis plus de six mois, les projets de revêtement routier risquent de s’interrompre. Pourtant, ce bitume bénéficie d’une exonération douanière prévue par la Loi n°14/005 du 11 février 2014 et l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signée en 2024.

Les conséquences sont immédiates : sans intervention rapide, plusieurs chantiers pourraient être stoppés, privant la population d’ouvrages essentiels. Parmi les projets les plus menacés :

  • les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa ;
  • la route Manterne – Tshela – Singini ;
  • la route Kananga – Kalamba Mbuji ;
  • le tronçon RN1 Mbujimayi – Nguba ;
  • le Stade d’Idiofa ;
  • l’Hôpital Général de Référence de Kikwit.

une saison sèche compromise par les blocages

Alors que la saison sèche offre généralement un cadre idéal pour accélérer les travaux, les retards actuels risquent de décaler les calendriers de livraison. Le Ministre John Banza a souligné lors de sa tournée dans le Grand Bandundu que plusieurs chantiers affichaient déjà des progrès remarquables. Par exemple, l’Hôpital Général de Référence de Kikwit voit sa capacité d’accueil passer de 150 à 650 lits, avec la construction de 17 nouveaux bâtiments et la modernisation de 11 autres.

Cependant, ces avancées restent fragilisées par les blocages persistants. Plus de 1 477 tonnes de bitume, destinées notamment aux Rocades de Kinshasa, au projet Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga – Kalamba Mbuji, sont immobilisées au Port de Matadi depuis janvier 2026. À cela s’ajoutent 1 650 tonnes de bitume pour la réhabilitation de la RN1 dans le Grand Katanga, ainsi que des équipements lourds bloqués aux postes douaniers : centrale à béton du Stade d’Idiofa, matériels de chantier, pièces de rechange et autres fournitures.

l’urgence d’une coordination renforcée

Pour éviter une paralysie totale des chantiers, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC) doit jouer pleinement son rôle. Cette structure, interface entre les parties prenantes, est chargée du dédouanement des projets d’infrastructure inclus dans le Programme sino-congolais. Pourtant, de nombreuses demandes d’exonération fiscale et de prise en charge des fiscalités indirectes restent sans réponse depuis des mois.

Les entreprises impliquées dans ce programme bénéficient pourtant d’avantages légaux clairs. Les retards actuels ne trouvent aucune justification administrative et sapent les efforts déployés pour doter la RDC d’infrastructures modernes. Sans une mobilisation immédiate de tous les acteurs, c’est tout le pays qui subira les conséquences de ce blocage : retard de développement, frustration des populations et perte de temps précieux.

des projets emblématiques en sursis

Parmi les réalisations phares du Programme sino-congolais, plusieurs symbolisent l’espoir d’une RDC plus connectée et mieux équipée. La sous-structure du pont de la Rocade Sud-Est de Kinshasa et les dégagements d’emprise sur ce tronçon avaient marqué le mois de juin par leur dynamisme. Pourtant, ces avancées sont aujourd’hui compromises par les lenteurs douanières.

Les populations attendent avec impatience la finalisation de ces projets, qui amélioreront considérablement leur quotidien. Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, par exemple, faciliteront les déplacements dans la capitale, déjà saturée. La route Manterne – Tshela – Singini et la RN1 Mbujimayi – Nguba désenclaveront des régions entières, tandis que l’Hôpital Général de Référence de Kikwit répondra aux besoins croissants de santé dans le Kwilu.

appel à l’action pour éviter un désastre économique

Le Gouvernement congolais et ses partenaires doivent prioriser le déblocage des matériaux et équipements indispensables à la poursuite des chantiers. Chaque jour de retard se traduit par un coût économique et social élevé. Les entreprises chinoises et congolaises impliquées dans le Programme sino-congolais ont besoin d’une visibilité claire sur les délais pour ajuster leurs plannings et éviter des surcoûts.

Les populations, elles, ne peuvent plus attendre. Les infrastructures promises sont bien plus que des routes ou des bâtiments : elles sont les fondations d’un développement durable et d’une souveraineté renforcée pour la RDC. Sans une résolution rapide des blocages douaniers, c’est toute la crédibilité du Programme sino-congolais qui est en jeu.

En conclusion, la situation exige une mobilisation immédiate de tous les acteurs concernés. Le Programme sino-congolais ne peut se permettre de subir plus longtemps les conséquences de blocages administratifs évitables. Pour la RDC, pour ses populations et pour son avenir, l’heure est à l’action.