16 juin 2026

Voix Panafricaine

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Bénin : le gouvernement mise sur la transformation locale pour booster l’agriculture

Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a récemment achevé une mission de terrain de trois jours à travers le Bénin. Son objectif ? Accélérer la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse : transformer davantage sur place les productions agricoles locales pour renforcer la souveraineté alimentaire et stimuler l’économie nationale.

Du centre au nord du pays, Adin Yeton Bloukounon Goubalan a parcouru des zones stratégiques comme Paouignan, Glazoué et Parakou. Cette tournée visait à concrétiser la volonté du gouvernement de briser la dépendance aux exportations de matières premières non transformées, un virage nécessaire pour créer de la valeur ajoutée et sécuriser l’avenir des producteurs béninois.

riz et manioc : des filières en pleine mutation pour réduire les importations

La filière rizicole béninoise enregistre une avancée significative. À Glazoué, le groupe Premium, spécialisé dans la transformation du riz paddy, a annoncé le lancement d’un troisième site industriel à Dangbo. Cette nouvelle unité portera la capacité totale de production du groupe de 300 000 à 500 000 tonnes par an. Une progression majeure pour limiter les importations de riz en provenance d’Asie et renforcer l’autonomie alimentaire du pays.

Côté manioc, une innovation majeure se profile à Paouignan. Une usine locale, en phase finale de construction, se spécialisera dans la production de gari, de tapioca et surtout de farine panifiable. Cette alternative au blé importé marque une étape clé dans la diversification des sources de revenus pour les agriculteurs et les communautés rurales. Le modèle de gestion, basé sur une cogestion entre acteurs privés et groupements de producteurs, garantit une répartition équitable des bénéfices et une stabilité des emplois en milieu rural.

anacarde : la lutte contre la contrebande pour protéger l’emploi local

Malgré ces progrès, certaines filières restent vulnérables. C’est le cas de l’anacarde, où les transformateurs béninois alertent sur l’hémorragie des noix brutes vers les pays voisins. Une situation qui prive le pays de milliers d’emplois et de revenus essentiels.

Face à ce défi, le ministre Adin Yeton Bloukounon Goubalan a réaffirmé la détermination du gouvernement. Des mesures strictes sont mises en place aux frontières pour endiguer les flux illégaux et prioriser l’approvisionnement des usines locales. L’enjeu est clair : conserver sur le territoire national la richesse générée par cette filière et offrir aux jeunes Béninois des perspectives professionnelles durables.

coton : un plan choc pour relancer la production à 700 000 tonnes

Le secteur cotonnier, pilier de l’économie agricole béninoise, traverse une période difficile après trois années de baisse de production. Pour inverser la tendance, le gouvernement a fixé un objectif ambitieux : atteindre 700 000 tonnes lors de la campagne 2026-2027.

Pour y parvenir, une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme produit sera versée aux agriculteurs dès que le seuil des 700 000 tonnes sera atteint. Cette incitation financière vise à soutenir le pouvoir d’achat des producteurs et à compenser la hausse des coûts des intrants, tout en redynamisant un secteur clé pour l’économie nationale.

Entre rigueur dans la lutte contre les trafics, incitations financières et investissements industriels, le Bénin trace sa voie vers une agriculture plus résiliente. Les prochains défis ? Améliorer la logistique et adapter les cultures aux aléas climatiques. Mais une chose est sûre : la détermination politique est bien réelle et pourrait bien redessiner l’avenir agricole du pays.