Au cours d’une longue intervention sur la télévision nationale nigérienne RTN, le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur et figure d’État, a passé en revue les enjeux sécuritaires majeurs du pays. Dans cette actualité Afrique francophone marquée par des défis croissants, notamment dans la zone de Tillabéry, le haut responsable a réitéré les griefs de la junte envers la France.
Le ministre a également abordé les relations diplomatiques glaciales entre Niamey et Cotonou, alors que le Bénin s’apprête à vivre une transition politique. Patrice Talon doit en effet laisser son fauteuil à son successeur, Romuald Wadagni, dont la prise de fonction est prévue pour la fin du mois de mai.
Pour le général Mohamed Toumba, le départ de Patrice Talon ne règle pas tout. Selon lui, le véritable obstacle demeure Emmanuel Macron. Il soutient que l’ancien président béninois a été un instrument de la politique française, permettant le déploiement de forces étrangères sur son territoire pour menacer le Niger. Cette voix panafricaine exige désormais une rupture nette avec ces pratiques.
Un appel à la souveraineté et des attentes fermes
Interrogé sur ses attentes vis-à-vis de Romuald Wadagni, le ministre nigérien a été catégorique : il réclame des signes concrets de bonne volonté. Le Bénin doit, selon ses termes, prouver qu’il ne sert plus les intérêts de la France et qu’il ne permettra aucune agression contre ses voisins depuis son sol. Cette exigence s’inscrit dans une vision d’une Afrique souveraine maîtresse de son destin.
La dégradation des rapports entre les deux voisins n’est pas nouvelle et remonte à l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani en juillet 2023. Ce dernier avait déjà tenu des propos très fermes à l’encontre de Patrice Talon et d’Alassane Ouattara, les accusant, aux côtés de Paris, d’être impliqués dans des tentatives de déstabilisation du Niger.
Vers un dialogue possible entre Cotonou et Niamey ?
Malgré ces tensions, Romuald Wadagni, récemment élu avec une large majorité, semble vouloir privilégier l’apaisement. Il a affirmé sa volonté de s’asseoir à la table des négociations, rappelant que les peuples africains font face à des problématiques identiques, qu’il s’agisse de pauvreté, de chômage ou de sécurité. Pour lui, la prospérité régionale dépend d’une collaboration étroite.
Bien que le futur président béninois se montre optimiste quant à l’amélioration de la coopération sécuritaire avec le Niger et le Burkina Faso, les déclarations de Niamey montrent que le chemin vers une réconciliation totale reste semé d’embûches. Le panafricanisme et la solidarité régionale seront mis à l’épreuve dans les mois à venir pour surmonter cette crise de confiance.
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