Une opposition frontale au projet de loi budgétaire
Le leader du PASTEF, Ousmane Sonko, a clairement affiché son rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 lors d’une conférence de presse tenue le 19 octobre. Sonno a annoncé que les députés de son parti ne soutiendraient pas le texte en l’état, dénonçant des arbitrages budgétaires jugés incompatibles avec les besoins sociaux et économiques du pays.
Il a particulièrement visé les réductions de dépenses dans des secteurs clés comme l’éducation, la formation professionnelle et l’investissement public, tout en soulignant l’absence de mécanismes de compensation sociale suffisants pour protéger les populations vulnérables.
Subventions énergétiques : le point de friction majeur
Les mesures concernant les subventions aux produits pétroliers ont cristallisé les critiques. Ousmane Sonko craint que leur baisse, liée aux engagements pris auprès du FMI, ne provoque une flambée des prix des carburants et une hausse du coût de la vie. Il remet en question l’efficacité des compensations sociales proposées, qualifiant de insuffisantes les allocations destinées à la Bourse de sécurité familiale.
Pour lui, cette approche risque d’aggraver les inégalités et de fragiliser davantage le pouvoir d’achat des ménages sénégalais.
Dette publique : une gestion contestée
Le leader de PASTEF a également pointé du doigt la gestion de la dette publique, estimant que les efforts de redressement ne devraient pas peser uniquement sur les épaules des citoyens. Il plaide pour une mobilisation accrue des ressources internes, une optimisation des recettes fiscales et une protection renforcée des investissements stratégiques.
Ousmane Sonko a rappelé que le Plan de redressement économique et social (PRES), qu’il avait piloté, avait permis de mobiliser 300 milliards de FCFA. Il a accusé certaines décisions récentes de s’écarter des orientations fixées, notamment en matière de fiscalité et de suivi des activités économiques.
Transparence et contrôle des fonds publics
Autre cheval de bataille : le renforcement de l’encadrement légal des fonds spéciaux. Ousmane Sonko a annoncé son intention de proposer des amendements pour améliorer leur transparence et garantir un meilleur contrôle parlementaire. L’objectif est de concilier rigueur budgétaire et prise en compte des attentes citoyennes.
L’invitation à un débat public : une stratégie politique ?
Le leader de PASTEF a lancé un défi au Premier ministre Amadou Aminou Lô en l’invitant à un débat public sur la situation économique et financière du Sénégal. Cette initiative vise à rendre accessibles aux citoyens les enjeux des choix budgétaires, tout en mettant en lumière les divergences sur les méthodes de redressement et la préservation du pouvoir d’achat.
« Nous sommes prêts à engager un dialogue franc avec le gouvernement pour aboutir à un compromis équilibré, alliant rigueur économique et justice sociale, » a-t-il déclaré.
Une loi budgétaire sous haute tension
La position ferme de PASTEF place la LFR 2026 au cœur des tensions parlementaires. Si son refus de vote se maintient, des modifications pourraient encore être envisagées avant l’approbation définitive du texte. Cependant, au-delà de ce projet, la réflexion sur les dépenses sociales, les investissements et la gestion de la dette devrait s’étendre aux discussions autour du budget 2027.
Les prochaines étapes s’annoncent décisives, tant sur le plan politique que social, pour déterminer l’orientation économique du Sénégal dans les années à venir.