Une question centrale pour l’avenir des peuples francophones
À quelques semaines du 20ᵉ Sommet de la Francophonie à Phnom Penh, la société civile francophone se réunit en urgence à Cotonou pour interroger une évidence : et si la paix ne se décrète pas, mais se construit depuis les territoires ? Pendant deux jours, les acteurs associatifs, ONG et représentants citoyens ont échangé pour donner corps à une feuille de route 2026-2028 qui engagera l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) bien au-delà des déclarations d’intention.
La paix, bien plus qu’un idéal abstrait
Le thème « réinvestir dans la paix, mobiliser la société civile francophone pour une prospérité partagée, des territoires résilients et une stabilité durable » résonne comme un appel à l’action. Les participants soulignent une réalité crue : la paix ne se limite pas à l’absence de conflits armés. Elle exige des investissements concrets dans la justice sociale, l’accès universel aux services de base, et une protection renforcée des droits humains. Sans oublier une résilience aiguë face aux crises économiques et sécuritaires qui fragilisent les communautés.
Des territoires en première ligne
Les villes et villages francophones, souvent les premiers touchés par l’instabilité, deviennent les laboratoires de cette nouvelle approche. Les organisations locales présentes à Cotonou partagent des témoignages poignants : des projets de médiation communautaire, des initiatives d’accès à l’eau potable, ou encore des programmes éducatifs ciblant les jeunes pour prévenir les recrutements par des groupes armés. « La paix se joue dans les écoles et les dispensaires autant que dans les salles de négociation », résume un participant.
Faire entendre la voix des citoyens dans l’échiquier francophone
Un autre enjeu majeur émerge des débats : l’urgence d’intégrer la société civile aux processus décisionnels de l’OIF. Les organisations non gouvernementales, bien souvent les plus à même de comprendre les besoins des populations, réclament une place accrue dans les instances dirigeantes. Leur argument ? Seule une coopération étroite entre États, parlementaires et acteurs de terrain peut transformer des recommandations en politiques publiques tangibles.
Des partenariats stratégiques pour une action durable
La feuille de route 2026-2028 présentée à Cotonou mise sur trois piliers pour garantir son efficacité :
- Renforcer les réseaux : Structurer les synergies entre ONG francophones pour éviter la dispersion des efforts et amplifier leur impact.
- Mobiliser les ressources : Développer des alliances financières et techniques avec des bailleurs de fonds, des institutions publiques et des entreprises engagées.
- Mesurer l’impact : Mettre en place des indicateurs clés pour évaluer l’efficacité des actions menées sur le terrain et ajuster les stratégies en conséquence.
Le Bénin, acteur clé d’un dialogue francophone renouvelé
En accueillant cette Assemblée plénière de la COING, le Bénin endosse un rôle symbolique fort. Le pays incarne cette ambition d’une Francophonie ancrée dans les réalités africaines, où les citoyens ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs incontournables. Le message lancé depuis Cotonou est clair : « L’avenir de la Francophonie ne se bâtira pas sans nous, sans notre énergie, sans notre engagement quotidien. »
Un compte à rebours avant Phnom Penh
Avec moins de deux mois avant le sommet de la Francophonie au Cambodge, les participants savent que le temps presse. Les propositions issues de Cotonou devront être portées avec force lors des négociations, afin que la paix ne reste pas un mot creux, mais devienne une conquête collective. « Chaque recommandation issue de cette rencontre doit peser dans la balance », insistent les organisateurs. La société civile francophone, réunie à Cotonou, ne compte pas laisser passer sa chance de peser dans le jeu géopolitique et social de son époque.
Plus d'histoires
Le Bénin à l’ONU : faut-il miser sur sa méthode pour désamorcer la crise au Sahel ?
Souveraineté sanitaire africaine : le Ghana refuse 109 millions de dollars pour protéger ses données de santé
300 blindés burkinabè : comment le Burkina Faso fabrique un leurre militaire sous Traoré ?