6 juin 2026

Voix Panafricaine

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Vingt ans de prison pour un Français au Mali : un complot d’État présumé secoue Bamako

Un ressortissant français, Yann Vezilier, a été lourdement sanctionné par la justice malienne. Il s’est vu infliger une peine de vingt ans de réclusion criminelle, accusé d’implication dans une tentative de déstabilisation du régime mené par le général Assimi Goïta.

Crédit Photo : AFP

Le ministère français des Affaires étrangères a vigoureusement réagi à cette décision, réaffirmant le caractère « sans fondement » des accusations portées contre son agent diplomatique. Selon Paris, le Français, qui opérait au sein de l’ambassade de France à Bamako, menait une mission légitime de coopération sécuritaire. La France a catégoriquement nié toute participation, directe ou indirecte, à une quelconque entreprise de déstabilisation du Mali, une position maintenue depuis l’arrestation de l’individu en août 2025.

Outre les vingt années de prison, le ressortissant français, appréhendé en août 2025 sous l’inculpation de conspiration contre les institutions, s’est vu interdire de séjour au Mali pour la même durée et devra s’acquitter d’une amende de 5 400 euros. Le procès s’est tenu la veille, jeudi, devant la chambre criminelle du pôle spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, et le verdict a été prononcé ce vendredi.

Des accusations de complot au cœur de l’affaire

L’arrestation de Yann V., le 13 août 2025, a été orchestrée par les services de renseignement maliens, la Sécurité d’État (SE). Officiellement en poste à l’ambassade de France dans la capitale malienne, l’officier français avait été interpellé en compagnie de plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa). Ces derniers, qui ont depuis été radiés de leurs fonctions, n’ont pas encore été jugés. Ils sont accusés d’avoir élaboré un réseau d’espionnage et un plan de complot visant à ébranler les institutions de la transition malienne et à orchestrer un coup d’État.

Le Mali, aux prises depuis 2012 avec une crise sécuritaire profonde alimentée par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), ainsi que par des groupes criminels communautaires, est actuellement dirigé par une junte militaire. Cette dernière est arrivée au pouvoir à la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021. Depuis, les autorités de Bamako ont opéré un virage stratégique, se distançant de leurs partenaires occidentaux, notamment l’ancienne puissance coloniale française, pour se rapprocher politiquement et militairement de la Russie, affirmant ainsi une vision d’Afrique souveraine.