15 août 2026

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Tshisekedi recule face à la pression de l’opposition en RDC

Tshisekedi recule face à la pression de l’opposition en RDC

Portrait officiel du président Félix Tshisekedi en RDC

À Kinshasa, la tension entre le pouvoir et l’opposition s’est intensifiée ce jeudi 13 août. Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC), a finalement cédé aux revendications de la Coalition Article 64 (C64), une alliance regroupant les principaux partis d’opposition. Il a demandé au Parlement de réexaminer la loi sur le référendum constitutionnel, un texte au cœur des débats depuis 2024.

Pour la coalition, cette réforme représente une manœuvre politique visant à permettre à Tshisekedi de briguer un troisième mandat, en violation de la Constitution de 2006. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République (parti de Moïse Katumbi) et porte-parole de la C64, avait lancé un ultimatum : si le président ne revenait pas sur sa proposition, la coalition passerait à l’action et appellerait la population à la mobilisation.

Samedi 15 août devait ainsi servir de point de bascule. La C64 prévoyait d’évaluer les avancées du dialogue engagé par Tshisekedi et de déterminer si la population devait « se mobiliser et résister » contre un référendum qu’elle juge anticonstitutionnel.

Une concession saluée, mais insuffisante

Le geste du président a été perçu comme un léger progrès par Prince Epenge, cofondateur de la C64. « C’est un petit pas dans la bonne direction », a-t-il reconnu, tout en précisant que la pression serait maintenue jusqu’à l’abandon définitif de la loi. Initialement prévue le 22 juillet, une marche organisée par la coalition avait déjà été reportée sous la pression des Églises catholique et protestante, qui avaient plaidé pour le dialogue.

Parallèlement, 65 organisations de la société civile congolaise ont adressé un mémorandum à Félix Tshisekedi le 10 août. Elles l’ont mis en garde : une réforme constitutionnelle par référendum risquerait « d’exacerber les tensions politiques, d’aggraver les fractures sociales et de détourner les institutions des priorités nationales ».

Un climat politique toujours sous haute tension

Cette situation illustre les profondes divisions qui traversent la RDC. Alors que le pouvoir cherche à consolider son emprise, l’opposition et la société civile multiplient les initiatives pour contrer ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire. Le bras de fer entre les deux camps n’est pas près de s’achever, et l’avenir politique du pays reste plus incertain que jamais.