Sonko clarifie la décision du Pastef de ne pas intégrer le gouvernement sénégalais
Au Sénégal, le leader du Pastef, Ousmane Sonko, a détaillé ce mardi 2 juin les motifs ayant conduit son parti à décliner l’invitation de participer au gouvernement fraîchement formé par le président Bassirou Diomaye Faye. La veille, le chef de l’État avait annoncé la composition de son équipe ministérielle, sans inclure de représentants du parti au pouvoir.
Les échanges entre Sonko et Faye ont révélé des divergences majeures sur deux plans : l’orientation politique et la répartition des postes. Le leader oppositionnel a souligné que les propositions du président ne correspondaient pas aux attentes du Pastef en matière de gestion publique.
Des désaccords profonds sur les priorités du pays
Parmi les points de friction évoqués, la gestion de la dette et les réformes judiciaires occupent une place centrale. Ousmane Sonko a indiqué avoir sollicité des engagements précis du président concernant une éventuelle restructuration de la dette sénégalaise, notamment auprès du FMI. Selon lui, la réponse de Bassirou Diomaye Faye est restée vague : « Le président a affirmé qu’aucun engagement n’avait été pris avec le Fonds monétaire international en faveur d’une restructuration. »
Autre sujet sensible, la question du pouvoir d’achat. Le chef de l’État aurait évoqué une possible application de la « vérité des prix » sur certains produits subventionnés, une mesure que Sonko juge insuffisante pour répondre aux défis économiques actuels.
Enfin, sur le terrain judiciaire, le président aurait défendu l’intégrité du système en place, qualifiant la justice sénégalaise de « meilleure au monde ». Une déclaration que Sonko conteste fermement, soulignant l’absence de réformes structurelles attendues.
Une répartition des postes jugée inacceptable
Outre les divergences programmatiques, la question des ministères a cristallisé les tensions. Ousmane Sonko a exigé que le Pastef obtienne au moins la moitié des portefeuilles ministériels pour envisager une collaboration. Une condition que le président a jugée irrecevable, conduisant à l’impasse actuelle.
Le parti a également pointé du doigt l’absence de légitimité de cinq ministres issus de ses rangs, mais non reconnus par le Pastef. Malgré cette exclusion, Sonko a tempéré ses propos en assurant que son mouvement ne déposerait pas de motion de censure, sauf en cas de provocation de la part de l’exécutif.
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