4 juin 2026

Voix Panafricaine

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Répression militaire au Sahel : libertés en danger en afrique de l’ouest

Une année 2025 marquée par l’intensification de la répression dans la région du Sahel

En 2025, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont vu leurs dirigeants renforcer leur contrôle sur le pouvoir tout en accentuant la répression des libertés fondamentales. Cette tendance alarmante a été soulignée dans le cadre d’une analyse approfondie des droits humains à l’échelle régionale.

Contexte sécuritaire et violations des droits humains

Au Nigeria et dans les pays du Sahel, les populations civiles subissent des attaques répétées de la part des groupes armés islamistes ainsi que des forces gouvernementales et leurs alliés. Parallèlement, les juntes militaires en place ont multiplié les mesures restrictives, sapant les mécanismes de reddition des comptes et affaiblissant les institutions chargées de protéger les droits fondamentaux.

« Les juntes militaires de la région du Sahel ont accru leurs actions répressives contre la liberté d’expression et d’autres droits, sans tenir compte des promesses de transition démocratique. »

Cette déclaration de Mausi Segun, directrice de la division Afrique d’une organisation internationale de défense des droits humains, met en lumière l’urgence d’une mobilisation régionale pour rétablir les espaces politiques et démocratiques et garantir la protection des citoyens.

Démantèlement des institutions et restrictions accrues

L’année 2025 a été marquée par des décisions controversées prises par les autorités de plusieurs pays :

  • Le Niger et le Mali ont prolongé de cinq ans leurs périodes de transition vers un régime démocratique tout en interdisant le multipartisme. Le Tchad a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels.
  • La liberté d’expression et la dissidence ont été sévèrement restreintes. Au Burkina Faso et au Mali, journalistes, activistes et critiques des juntes ont été arbitrairement détenus, victimes de disparitions forcées ou enrôlés de force. Des opposants politiques ont également été ciblés pour leurs prises de position.
  • Au Nigeria, les autorités ont arrêté et poursuivi des journalistes et des utilisateurs de réseaux sociaux sous prétexte de lutte contre la cybercriminalité. Au Niger, l’ancien président Mohamed Bazoum reste détenu sans procès. Au Tchad, l’ancien premier ministre Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison pour des motifs politiques.

Violences armées et impunité généralisée

Les groupes armés islamistes, tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont perpétré des massacres de civils au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Parallèlement, les forces armées locales, les milices progouvernementales et des groupes comme le Africa Corps (ex-Wagner) ont commis des exécutions sommaires, notamment contre des civils peuls.

Au Nigeria, la résurgence de la faction Boko Haram a entraîné des attaques meurtrières dans l’État de Borno. Dans le nord-ouest du pays, des gangs criminels ont perpétré enlèvements, meurtres et raids violents, exploitant l’incapacité des autorités à protéger les populations et à sanctionner les coupables.

Retrait des instances régionales et menace sur la justice

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont finalisé leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et annoncé leur départ de la Cour pénale internationale (CPI). Ces décisions risquent de compromettre gravement l’accès à la justice pour les victimes de violations des droits humains.

Face à cette situation critique, Human Rights Watch appelle l’Union africaine et les autres organisations régionales et internationales à intensifier leurs efforts pour protéger les civils et garantir le respect des droits humains.