Les États-Unis ont renouvelé leur appel à une protection renforcée des enfants dans les zones de conflit, en insistant sur la situation alarmante en République démocratique du Congo (RDC). La déclaration a été prononcée lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux enfants et aux conflits armés.
Au nom du gouvernement américain, l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales à la Mission des États-Unis auprès de l’ONU, a souligné que les enfants paient le plus lourd tribut des guerres à travers le monde.
« Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », a-t-elle rappelé, reprenant un message déjà porté par la Première dame Melania Trump lors d’une réunion du Conseil de sécurité quelques mois plus tôt, où elle avait dénoncé les conséquences dévastatrices des conflits sur les plus jeunes.
La RDC parmi les situations les plus critiques
Dans son intervention, Jennifer Locetta a cité la RDC comme l’un des pays où les violations des droits des enfants sont les plus graves. Washington condamne fermement ces exactions, estimant que les enfants congolais sont les premières victimes des affrontements entre groupes armés dans l’est du pays.
« Dans les zones de conflit, les enfants sont confrontés à de multiples menaces. Au Soudan, des cas d’enfants chassés de chez eux, séparés de leurs familles et victimes de violences sexuelles sont rapportés. En République démocratique du Congo, des millions d’enfants subissent la menace de violences, de déplacements forcés et de violences sexuelles liées au conflit, perpétrées par divers groupes armés. Nous condamnons fermement ces violences et, sous la Présidence de Trump, les États-Unis continuent de faire de la paix une priorité », a-t-elle affirmé.
Les enfants ciblés directement
L’ambassadrice a souligné que les enfants ne sont pas de simples dommages collatéraux, mais qu’ils sont souvent pris pour cibles. Les conflits compromettent également leur accès à une éducation sûre et de qualité, créant un cycle de pauvreté, d’instabilité et de violences qui se transmet de génération en génération.
« Trop souvent, les conflits privent les enfants d’une éducation fiable et sûre, leur coupant les portes de l’avenir. Il en résulte un cycle de pauvreté et d’instabilité qui se transmet de génération en génération, alimentant de nouveaux conflits et sapant la stabilité mondiale et la prospérité économique. Partout dans le monde, les enfants méritent de se sentir en sécurité, d’être éduqués et d’avoir un avenir », a-t-elle déclaré.
Critiques du rapport de l’ONU
La diplomate a également critiqué le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés (CAAC), estimant qu’il ne renforce pas la protection des enfants. Selon elle, le document présente « une vision erronée des dommages causés aux civils au regard du droit de la guerre », ajoutant que « le meurtre délibéré d’enfants par les Houthis ou d’autres groupes armés constitue une violation grave ; le meurtre accidentel de civils par les forces armées d’un État n’en est pas une ».
Pour la représentante américaine, ce rapport illustre « comment l’ONU consacre du temps et des ressources à des initiatives incompatibles avec les intérêts et la souveraineté des États membres ».
« Ce rapport conforte la décision des États-Unis de se retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés. Il nuit à la crédibilité de ce bureau en assimilant les actions des forces armées américaines à celles des terroristes houthis. La protection des enfants reste une priorité pour les États-Unis. Nous appelons à des mesures concrètes pour empêcher l’implication des enfants dans les conflits armés. La publication de rapports politisés et inexacts ne permettra pas d’atteindre ces objectifs », a-t-elle lancé.
Appel à une action internationale
Au-delà de la RDC, les États-Unis ont évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, appelant les parties aux conflits à protéger les enfants contre les violences, les déplacements forcés et les violations graves de leurs droits. Pour Washington, la protection des enfants est essentielle pour favoriser la paix et la stabilité à long terme dans les régions affectées.
Les effets du conflit en RDC se manifestent à travers six violations graves : le recrutement et l’utilisation d’enfants, les meurtres et atteintes à l’intégrité physique, les viols et violences sexuelles, les attaques contre les écoles et hôpitaux, les enlèvements d’enfants et le refus d’accès à l’aide humanitaire.
La situation s’est aggravée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui occupe de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques américaines, qataries et de l’Union africaine.
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