4 juin 2026

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Paludisme au Burkina Faso : des chiffres historiques en 2025 pour une élimination en 2030

paludisme au Burkina Faso : des chiffres historiques en 2025 pour une élimination en 2030

Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Le Burkina Faso enregistre une baisse historique des cas et des décès liés au paludisme en 2025, une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie. Le gouvernement burkinabè, sous la direction du ministre de la Santé, Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, a partagé ces résultats encourageants lors d’une conférence de presse tenue à Ouagadougou.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de cas de paludisme a chuté de 32 % entre 2024 et 2025, passant de 10 805 000 à 7 329 000 cas. Chez les enfants de moins de 5 ans, la réduction atteint 38 %, avec une baisse de plus de 1,9 million de cas. Parallèlement, les décès liés au paludisme ont diminué de 48 % à l’échelle nationale, passant de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025. Chez les jeunes enfants, la mortalité a reculé de 893 décès.

des stratégies renforcées pour une éradication progressive

Le Dr Kargougou a souligné que ces résultats sont le fruit d’une stratégie nationale ambitieuse, soutenue par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. « L’élimination du paludisme d’ici 2030 est un objectif réalisable, à condition de maintenir une mobilisation constante et d’intensifier les actions », a-t-il déclaré. Parmi les mesures clés, il a cité :

  • Le renforcement de l’assainissement des environnements pour limiter la prolifération des moustiques ;
  • La généralisation des interventions à fort impact, comme la vaccination contre le paludisme, l’utilisation de moustiquaires imprégnées et les combinaisons thérapeutiques à base de sulfadoxine-pyriméthamine (CPS+) ;
  • La communication ciblée pour encourager les changements de comportement ;
  • L’implication active des communautés et le renforcement de la coordination multisectorielle via le Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP).

une campagne de moustiquaires à grande échelle

Pour renforcer la lutte antivectorielle, le Burkina Faso a lancé une campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires bi-imprégnées. Près de 15 millions de moustiquaires de dernière génération ont été distribuées, avec pour objectif un taux d’utilisation d’au moins 80 % dans les ménages. Ces moustiquaires, plus efficaces contre la résistance aux insecticides, représentent un atout majeur pour la protection des populations.

« Leur efficacité dépasse celle des modèles précédents, ce qui nous permet de mieux contrer la résistance aux insecticides », a précisé le ministre.

mobilisation communautaire et vaccination : des leviers essentiels

Plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé ont sillonné le pays, y compris les zones à défis sécuritaires, pour sensibiliser et distribuer les moustiquaires. Cette proximité a permis d’améliorer l’appropriation des mesures préventives par les populations. « La responsabilité collective est un pilier de notre succès », a affirmé le Dr Kargougou.

Autre avancée majeure : la vaccination gratuite contre le paludisme, déployée depuis août 2025 dans l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays. Cette initiative s’inscrit dans une approche globale pour réduire l’impact de la maladie.

changer les comportements pour vaincre le paludisme

Le ministre a rappelé que la lutte contre le paludisme passe avant tout par l’adhésion des populations. Pour y parvenir, des campagnes d’information adaptées aux réalités locales ont été menées, impliquant les leaders communautaires et religieux, ainsi que les médias. Les messages clés ? Dormir sous moustiquaire, vacciner les enfants et consulter rapidement en cas de fièvre.

« La sensibilisation porte-à-porte et l’engagement des médias ont transformé les outils de prévention en pratiques quotidiennes », a-t-il ajouté. Le gouvernement appelle désormais tous les acteurs – collectivités, société civile, partenaires techniques et financiers – à poursuivre ces efforts pour éliminer définitivement le paludisme au Burkina Faso.

Ensemble, nous avons démontré qu’il est possible de faire reculer cette maladie de manière significative. Ensemble, nous atteindrons notre objectif d’ici 2030.